Le Hirak boucle le 51è vendredi de contestation: Le système algérien broie du noir…
Le Hirak boucle le 51è vendredi de contestation: Le système algérien broie du noir…

Comme chaque vendredi, les Algériens sont sortis pour exprimer leur colère contre un système qui ne daigne pas encore répondre à leurs attentes focalisées sur l’avènement d’une 2ème République, indépendante et démocratique, et qui plus débarrassée des «bandits» qui ont mis en coupes réglées le pays.

Ni les annonces d’amnistie, près de 6.000 prisonniers ont été graciés par le Président par défaut, ni les réunions autour de «la feuille de route» allouée à l’Exécutif, n’ont réussi à détourner l’attention du Hirak populaire. Lequel revendique toujours, et dans plusieurs langues SVP, l’élargissement des détenus politiques et autres activistes du Hirak.

Dans la capitale, la police qui a pu constater l’ampleur des manifestations a dispersé les manifestants dans plusieurs rues.
Tandis qu’à Mascara, c’est la répression qui a frappé pour interdire toute marche.
Plusieurs militants ont été arrêtés dans cette région où l’on constate que depuis les dernières élections du 12 décembre dernier, aucune manifestation n’a été autorisée.

Du côté de Béchar, les manifestants scandent une seule chose: le départ du système, alors qu’à Oran, là où des drapeaux amazighe ont fait leur réapparition, les marcheurs entonnaient la célèbre chanson «Ya El Menfi» remise au goût du jour. C’est-à-dire en reprenant tous les slogans du Hirak populaire.
On notera qu’à Tiaret et Sidi Bel Abbès, les manifestations n’ont pas été réprimées ni interdites, et c’est une première.
À Jijel, les manifestants demandent la libération des détenus d’opinion alors que la mobilisation a été signalée forte à Tizi-Ouzou.
À Mostaganem, les marcheurs se sont remémorés les hauts faits d’Ali La Pointe tout en scandant qu’ils restaient ses dignes héritiers, alors qu’à Tlemcen, la foule exige la libération des détenus politiques.

Devant une telle ferveur populaire, le système doit se faire une raison. Car en dépit du soutien qu’il cherche à accumuler à l’étranger, le Hirak populaire n’en démord pas et marche sereinement sur son premier anniversaire: une année pleine faite d’un combat pacifique pour le changement.
Autant dire que ce 51ème vendredi de suite ne fait que confirmer l’impasse politico-institutionnelle dans laquelle l’Algérie reste engluée et ce, malgré le scrutin présidentiel du 12 décembre.
L’affaire n’est pas inhérente à Abdelmajid Tebboune qui a consenti à être propulsé par les militaires à la tête de l’Etat, mais reste tributaire de tout un système à démanteler. Avec ses hommes, bien entendu.
En peine d’idées, mais aussi en faisant montre d’un cafouillage primaire, comme ce fut le cas lors de la nomination d’un nouveau patron de la Douane avant que la décision ne soit annulée, le système offre de lui une image pitoyable.

Voilà pourquoi la mobilisation populaire ne faiblit pas et que les manifestants ne perdent pas espoir de voir leurs revendications qui versent, toutes, dans un seul creuset, celui des ruptures, aboutir.
La force et l’ampleur de la contestation est un signe qui ne trompe pas sur le degré d’’insatisfaction de la rue vis-à-vis de la politique menée jusque-là.
Ni les réformes politiques ne sont là, palpables et mesurables, ni les promesses d’ouverture n’ont tendance à se concrétiser.

Si l’enjeu de ce 51ème vendredi était de confirmer le retour en force du Hirak à l’approche de son premier anniversaire, nul ne saurait douter de la force de la vague protestataire. Et surtout pas les «services» algériens qui savent mesurer l’ampleur de tout mouvement.
De quoi seront faites les marches du 21 février dès lors ?

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