Le jeu louche des Américains en Syrie: La langue du diplomate J. Jeffrey fourche

Le jeu louche des Américains en Syrie La langue du diplomate J. Jeffrey fourche
Le jeu louche des Américains en Syrie La langue du diplomate J. Jeffrey fourche

Même en disposant de plusieurs bases militaires opérationnelles en territoire syrien et en pilotant une coalition mondiale contre Daech, ce qui lui permet de coordonner les raids aériens sur des cibles en Syrie, Washington ne cherche pas à influencer le processus politique en Syrie. C’est ce que vient d’affirmer à RIA Novosti et à Kommersant James Jeffrey, représentant spécial des États-Unis pour la Syrie tout en insistant sur le fait que le «comportement» du gouvernement syrien devait changer afin d’aboutir à une «paix réelle».

«Nous sommes attachés au processus politique […]. Le peuple syrien doit décider qui le dirigera et quel gouvernement il aura. Nous n’avons pas pour but un changement de régime. Nous avons pour but de changer le comportement de ce régime», a-t-il déclaré.

Il a souligné que Washington déployait tous ses efforts pour que la commission constitutionnelle syrienne soit formée dans les semaines à venir.

Revenant sur la présence américaine en Syrie, dénoncée à chaque occasion par Damas, comme par ses alliés, comme l’expression d’une occupation illégale, le responsable US a décliné tout dessein qui viserait la division du pays. «Les États-Unis soutiennent l’intégrité territoriale de la Syrie depuis le début du conflit et même avant, et nous continuerons de le faire. La présence de forces américaines qui mènent des opérations antiterroristes ne témoigne pas d’un désir de diviser le pays», a-t-il ajouté.

Il a indiqué que Washington avait «une longue liste» de reproches à adresser au gouvernement syrien qui, selon J.Jeffrey, «doit changer afin d’aboutir à une paix réelle».

L’ancienne ambassadrice des États-Unis aux Nations unies, Nikki Haley, a déclaré fin septembre que le départ du Président syrien Bachar el-Assad n’était qu’«une question de temps». Elle a précisé que «les États-Unis n’essayaient certainement pas de forcer son départ».

En tout cas, force est de souligner que la coalition dirigée par les États-Unis effectue régulièrement des raids aériens dans la partie Est du gouvernorat de Deir ez-Zor. Dans ces raids, les médias syriens ont plus d’une fois fait état de l’emploi de phosphore blanc dans les bombardements. Quelque 2.500 éléments de Daech sont toujours présents dans la zone proche des localités de Hejin et Bagoz.

Les autorités syriennes ont appelé les Nations unies à prendre des mesures appropriées contre les responsables et à faire cesser la présence illégale de la coalition en Syrie. Le Pentagone a déclaré que la coalition ne communiquait pas sur les munitions employées en Syrie, mais que celles-ci étaient conformes au droit international.

 

Amnesty accable les USA

Plus, les Américains continuent de fournir une assistance militaire à leurs alliés, les Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre de ce qu’ils appellent opération contre Daech à la frontière syro-irakienne.

Selon l’interlocuteur de l’agence, «Les États-Unis nous ont livré des camions d’armes dans le cadre de l’opération à Hejin. Au total, nous avons reçu 300 camions avec des fusils d’assaut, des roquettes, des obusiers, ainsi que des blindés et des camionnettes», a indiqué à Sputnik un responsable des FDS.  Les armes et équipements en question sont entreposés dans les dépôts des bases américaines établies dans la région et sont distribués en fonction des besoins, a expliqué la même source.

L’ONG de défense des droits humains Amnesty International fait un appel aux volontaires pour établir le calendrier des frappes de la coalition US contre la ville de Raqqa, détruite à 80% durant la guerre contre l’Etat islamique. Son objectif : sensibiliser l’opinion publique au sort des civils, pousser les Etats-Unis à reconnaître leur responsabilité et aider les familles touchées à demander justice.

Amnesty dit avoir découvert «des preuves accablantes de violations manifestes du droit international humanitaire […] commises par la coalition dirigée par les États-Unis. Celles-ci ont conduit la coalition à revoir à la hausse son bilan des victimes civiles, qui est passé de 23 morts à plus de 100, soit une augmentation de 300 %». Amnesty explique que son premier travail d’enquête a amené «la coalition dirigée par les États-Unis à reconnaître presque toutes les pertes civiles qu’[ils ont] constatées jusqu’à présent». Amnesty signale en outre que des corps sont toujours découverts au fil des déblaiements, ce qui fait redouter un bilan humain beaucoup plus lourd. L’ONU a déjà communiqué ses chiffres : 10 000 bâtiments ont été détruits ou endommagés à Raqqa au cours de la bataille d’octobre 2017. Il reste désormais à établir avec précision la chronologie des bâtiments détruits, avec plusieurs objectifs. Que dire de Deir Ez-Zor et des villages limitrophes qui essuient toujours les foudres de la coalition menée par Washington ?

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