Le Maroc dans les vaps: Tout un tabac !  

On prête aux autorités marocaines la volonté d’enquêter sur les remous créés autour des industriels du tabac, basés en Suisse, qui roulent les Marocains en leur faisant fumer de la camelote. Car ils trichent sur la qualité du produit exporté. La teneur en nicotine, en monoxyde de carbone et en goudron est telle que les lots réceptionnés par le Maroc doivent être déclarés non conformes. Mais que voulez-vous, en l’absence de normes et d’organismes capables de les contrôler, les Marocains se tâtent toujours. Faut-il mettre au dessus de tout la santé des citoyens ou s’agira-t-il de ménager le choux et la chèvre ?

Attention, l’affaire n’est pas aussi mince qu’on le croit ! On n’est pas face au cartel des importateurs de thé. Ou encore face aux bidouilleurs des certificats du miel « sauvage » produit en Chine, les deux substances en question étant chargées de pesticides. Non. Là, on s’attaque de front à des multinationales qui ne rêvent que d’une chose : récupérer les pertes qu’ils enregistrent sur les marchés occidentaux en renforçant l’addiction des peuplades du tiers-monde. Une affaire de milliards de dollars puisque le chiffre d’affaires d’un seul des mastodontes de la fumette qui officient dans les Pyrénées équivaut au PIB de nombre de pays assimilés émergents ou comme tels.

On comprend dès lors pourquoi les Marocains avancent dans le brouillard, à tâtons… De peur de réveiller les monstres qui ne dorment que d’un œil, attentifs qu’ils sont à ce que leur business de la mort douce (si on assimile le cancer à une maladie douce !?) continue. Jusque là, rien d’officiel n’a été annoncé ni par le ministère de la Santé, ni par celui de l’Industrie. Et si vous vous amusez à demander où en est-on, ne vous étonnez surtout pas de recevoir en écho la réponse très évasive que les Marocains immortalisèrent, du temps où la répression fut systématique, en parlant de température du « hammam ». Attention, chaud devant !

Si les Marocains se sont réveillés, et on l’espère pour le cas du tabac, c’est grâce à une enquête journalistique réalisée par une journaliste suisse. Une « lanceur d’alerte » qui n’a pas froid aux yeux. L’affaire est grosse lorsqu’on imagine le business qui tourne autour des 9.000 tonnes de cigarettes que le pays importe. Une fois de plus, on retombe sur les travers de la libéralisation… Ceux qui détiennent les cartes d’importation doivent être tenus pour responsables de ce qui se fait : transformer le Royaume en un vaste dépotoir juste propre pour évacuer la « mer… » que les multinationales produisent ailleurs. Une affaire de coûts, certainement. Mais de gains, pour sûr !

On n’osera pas finir sans demander à ce que l’effort d’investigation, s’il est jamais entrepris, couvre aussi les importations de tabac en provenance de Turquie. Et tant qu’on y est, pourquoi hésiter encore à opérer la rupture en autorisant les buralistes à vendre aussi les fameux IQOS. Pourquoi rechigne-t-on à le faire alors que la bataille autour du sevrage pourrait démarrer avec ces palliatifs ?

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