Le Maroc face l’Arabie: Le choix du non choix d’A Benabdelkebir & Co

Le Maroc face l’Arabie: Le choix du non choix d’A Benabdelkebir & Co

On peut convenir avec l’intellectuel Abdessamad Ben Abdelkebir que ce qui se trame derrière les lambris des palais de Riyad serait le résultat d’une lutte entre clans au pouvoir en Arabie Saoudite. Une guerre où tout est permis pour permettre l’émergence d’une nouvelle race de leaders capables de sortir le Royaume des remugles du wahhabisme dans lequel il s’est installé inconfortablement depuis bien des décades. Sans aller plus loin dans la décortication de ce qui s’apparente à une « Révolution de palais » qui rejoint objectivement les intérêts américains de l’heure (sans occulter le poids du Pacte de Quincy qui a toujours lié le sort de la monarchie saoudienne à l’appui bien compris de Washington), ceux-là étant par ailleurs les mêmes que ceux affichés sous les latitudes d’Israël, on est en droit de susciter le débat autour de l’attitude qu’il sied à Rabat d’adopter vis-à-vis de ce qui se trame dans la terre des Lieux Saints. Car à en croire l’illustre philosophe qui se plait à jouer dans la case des stratégistes, le Maroc n’a aucun intérêt à s’attirer les foudres de l’Arabie Saoudite et, du coup, devrait subséquemment se plier en quatre pour répondre aux desiderata du Royaume wahhabite. Ceci est d’autant plus vrai, développe le penseur, que les vents du changement qui ont soufflé bien des régimes arabes n’attendent que le moment propice pour dévaster notre voisin algérien avant que le Maroc ne soit happé lui même dans ce maelström des plus destructeurs. Les exemples foisonnent à ce sujet comme le rappellent les cas libyen, yéménite, égyptien, syrien, tunisien… Sauf que dans la construction idéelle du philosophe, de ce « chaos » généralisé une question reste sans réponse : quid de l’Arabie Saoudite et de ses satellites du CCG ? Ces « cités de sel », comme le rappelle le titre très imagé du défunt romancier irakien Abdul Rahman Mounif, pourraient-elles sortir indemnes de ce qui a été ourdi avec leur consentement (tacite ou non) pour détruire les nations arabes, le processus de délitement ayant été avalisé avec les accords de Camp David qui ont contribué à fragiliser l’Egypte en l’isolant de son hinterland et l’action de sape de l’Irak, mobilisé pour faire la guerre à l’Iran, par procuration, avant d’être coiffé au poteau avec l’invasion du Koweït et ce qui s’en est suivi.

Nul besoin de rappeler à ce sujet que les plans consistant en un morcellement de l’espace arabe a été conçu dans la région proche-orientale, les stratèges israéliens ne connaissent pas le chômage, avant d’être canalisé vers les officines occultes qui dessinent et planifient les stratégies US.

Nul doute que ce qui se déroule à Riyad nous interpelle tous, opinion publique comme responsables marocains. Car la nouvelle architecture qui s’y construit, pour le monde arabo-musulman, est porteuse de dangers aux retombées incalculables. Peut-on imaginer un seul instant où conduirait la folie guerrière que d’aucuns tentent d’alimenter entre sunnites et chiites ? Dans le meilleur des cas, on assistera à un conflit généralisé qui affectera Proche et Moyen Orient… Comme dans le pire des scenarii, la folie des uns et des autres pourrait conduire à une guerre planétaire. Les enjeux sont tellement énormes avec toutes les règles que la nouvelle grammaire des hydrocarbures édictent dès à présent. La bataille politico-diplomatique autour du gaz libanais excipe des menaces à venir. Et l’implication turque dans le puzzle syrien (et bien au-delà) n’est pas fortuite.

Devant ce sombre tableau, le Maroc a intérêt à savoir raison garder. En faisant valoir les principes qui l’ont guidé jusqu’à aujourd’hui sans s’impliquer davantage dans un jeu qui s’avère déjà à somme nulle. Prendre le parti pour ou contre Riyad importe peu lorsqu’on n’a pour objet de fixation que les IDE provenant des pétromonarchies. Par contre, ce qui vaut toutes les peines du monde, c’est bel et bien avancer à pas de géant dans l’enracinement du processus démocratique seul à même de mettre à l’abri le Maroc et sa cause saharienne. Un processus qui met, bien évidemment, l’HOMME au centre de tous les enjeux. Car seule la valorisation des ressources humaines est capable de doter le pays de ce qui lui fait défaut aujourd’hui. Une imagination à la mesure des moyens disponibles à valoriser. Le Royaume a assez de fierté pour ne pas se presser au portillon pour quémander les restes d’une rente recyclée pour l’essentiel dans les marchés occidentaux, américains en tête. Surtout qu’au fil des siècles, le pouvoir marocain irriguait les Lieux  Saints de ses bienfaits. Une réalité historique que l’on a tendance à occulter par les temps qui courent.

 

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