Le ministre de l’Intérieur revisite Al-Hoceima: Jamais deux sans trois…

Le ministre de l’Intérieur revisite Al-Hoceima: Jamais deux sans trois…

Comme il fallait s’y attendre, l’Etat ne manque pas de ressources mobilisables dans le but d’endiguer la tension qui prévaut dans le Rif. Au lendemain de la grande marche de Rabat qui a brillé, une fois encore, par la percée des Adlistes qui jouent le rôle de réceptacle de toutes les contestations, le gouvernement a réagi en missionnant des ministres pour aller à la rencontre des élus et des autorités locales de la province d’Al-Hoceima, chef lieu de la région, pour décongestionner une atmosphère devenue suffocante. Ceci est d’autant plus vrai qu’il ne se passe pas de jour sans que les manifestants du Rif ne battent le pavé fidèles en cela aux slogans du soulèvement contre l’injustice et la marginalisation. S’agit-il d’un remake de du précédent déplacement du 22 mai dernier ? En tout cas, nul ne manquera de voir en la présence d’un Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, la consécration du rôle déterminant de ce département dans la gestion des grands dossiers du pays. D’aucuns seraient tentés d’y voir la résurgence de la toute puissance de ce département qualifié naguère de la fameuse formule « mère de tous les ministères ». Mais c’est oublier que même cette structure a été rattrapée par des changements notables depuis la mise en avant du « nouveau concept de l’autorité » et de la fameuse « politique de proximité ». Ceci étant dit, et comme le pays avance aussi à grand renfort de décisions symboliques, il n’y a pas eu de geste fort susceptible d’étouffer la contestation : les dizaines de prévenus arrêtés au cours de ces derniers jours n’ont bénéficié d’aucune grâce. Autant dire que l’Etat reste droit dans ses bottes et laisse faire la Justice quand bien même les conditions des arrestations ont été dénoncées et les chefs d’inculpation décriés. Alors que proposera A. Laftit qui, ainsi, aura fait trois déplacements à Al-Hoceima depuis que la politique du « laisser faire » a conduit au pourrissement d’un dossier dont la dimension pour le moins explosive aurait pu être jugulée moyennant la mise en pratique des nouvelles orientations vieilles de quelques lustres déjà recommandées pour toute action de l’Etat : une autorité qui fait grand cas de la proximité. Des médias évoquent, à cette occasion, que le ministre de l’Intérieur entend s’attaquer au problème endémique de l’emploi sous lequel croule la région. On évoque même le lancement officiel d’un programme d’emploi en vue de lutter contre le désœuvrement des jeunes de la région qui viendrait se greffer à l’organisation de concours pour le recrutement de 219 jeunes dans différents postes, allant de l’échelle 6 à l’échelle 11, au niveau de la seule province d’Al Hoceima. Le bureau du conseil de la région devait ainsi annoncer, suite à la réunion de ce lundi, les postes budgétaires qu’il compte débloquer pour promouvoir l’emploi à l’échelle de toute la région. En attendant, A. Laftit qui est accompagné d’une délégation gouvernementale, a tenu lundi 12 juin à la mi-journée une réunion de travail, avec des responsables de la région d’Al Hoceïma consacrée à la « problématique de l’eau », et la construction locale d’un projet de barrage et d’une usine de dessalement. Charafat Afilal, Secrétaire d’État, Mohamed El Yaakoubi, wali de la région, et Ilyas El Omari, président de la région, y ont pris part.
Nul besoin de rappeler que la fréquence des déplacements des officiels dans la région et l’accélération du rythme de réalisation de plusieurs projets d’infrastructures et de relance de l’économie locale, sont à lire à l’aune d’une volonté d’aller de l’avant. Réussira-t-on pour autant à désamorcer la bombe sociale ballotée entre des mains innocentes et d’autres qui le sont moins ?

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