Le Rif et la gestion de l’urgence: Le Chef de gouvernement rate sa sortie médiatique

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Après les images des forces de l’ordre les pieds dans l’eau relayées par les médias sociaux qui font grand cas des manifestations qui se sont déplacés vers les plages de la région d’Al-Hoceima, c’est autour de Mohamed Sajid, ministre du Tourisme de mettre les pieds dans le plat de la… contestation. En diligentant une réunion pour conjurer le mauvais sort qui risque de frapper de malédiction la saison touristique dans la région du Rif. Professionnels et ministre du Tourisme ont convenu, ce lundi 3 juillet lors d’une réunion dans la ville, de mettre en place des mesures concrètes. «On espère qu’arrive le beau temps après la pluie» a lancé Farid Chourak, gouverneur de la province en introduisant la première réunion officielle à laquelle il prend part depuis sa nomination. Il faut dire que la marmite qui bout dans la région dégage déjà une odeur de brûlé. C’est la raison pour laquelle Mohamed Sajid, patron de l’UC, était accompagné de Lamia Boutaleb, secrétaire d’Etat chargée du Tourisme, Jamila Mosali, secrétaire d’Etat chargée de l’Artisanat ainsi que Mohamed Zouiten, président de l’Office national du tourisme au Maroc et Abdellatif Kabbaj, président de la Confédération nationale du Tourisme. Une « task force » qui n’est pas sans rappeler celle qui a déjà été mobilisée par Aziz Akhennouch, ministre de l’Agriculture qui a été un des premiers responsables à atterrir à Al-Hoceima, à l’issue du dernier conseil de gouvernement. Le leader du RNI auquel on prête une grande prédisposition à jouer la proximité auprès des citoyens d’Al-Hoceima était accompagné du patron de la Conservation foncière ainsi que du Président du Groupe Crédit agricole, bras financier de l’Etat dans le développement de la stratégie agricole adoptée sous l’appellation « Plan Maroc Vert ».
M. Sajid a annoncé la réunion d’une cellule de travail qui devait se tenir juste après cette rencontre afin de prendre des mesures immédiates pour doper la destination ( en portant la capacité litière actuellement de 1700 lits (chiffres officiels) à 3200 à l’horizon 2020, en mettant en place une liaison aérienne Tanger–Al Hoceima prochainement, ainsi qu’une ligne directe Casablanca–Hoceima. Et ce, en plus de la ligne aérienne existante qui relie Casablanca à Al Hoceima via Tétouan 3 fois par semaine, et de renforcer l’accessibilité terrestre via la voie expresse reliant Taza à Al Hoceima dont les travaux en cours vont permettre une réduction du temps du trajet de 5 heures à moins de 2h).
Autant dire qu’une nouvelle culture semble s’installer dans les mœurs des gouvernants. Plus tentés que jamais par la politique de proximité et le nouveau concept de l’autorité (oubliés entre temps) et plus suiveurs des dispositions prises par le chef du gouvernement lui-même qui annonça, lors de son passage à la télé de samedi, la création de plusieurs cellules chacune chargée de plancher sur un dossier spécifique.
Saad Eddine El Othmani qui s’est présenté sous les oripeaux d’un patron de l’Exécutif qui expire « la sérénité » dont il aspirait qu’elle irradierait sur l’opinion n’aura pas réussi à convaincre sur tous les chapitres. A commencer par la présentation d’une quelconque alternative susceptible de gommer les crispations. S’il a jugé comme erreur la diabolisation du mouvement de contestation par la majorité aux affaires, il n’est pas allé jusqu’au bout en formulant des excuses plates qui auraient eu l’effet d’un baume sur des cœurs blessés. A Al-Hoceima comme ailleurs. Pour le chef de gouvernement, rien ne vaut d’invoquer La Palisse. En soulignant notamment que « l’enquête ordonnée par le roi sur les événements d’Al Hoceïma sera menée jusqu’au bout et les conclusions qui en découleraient seront rendues publiques. Le roi a donné des instructions fermes pour la mise en place d’une commission d’enquête sur ces événements et tout un chacun dont la responsabilité sera établie dans l’enlisement des projets sera appelé à rendre des comptes ». Saâd-Eddine El Othmani aurait été mieux inspiré s’il n’avait pas osé s’aventurer à enfoncer des portes ouvertes. Reconnaissant de facto l’existence de dysfonctionnements dans la concrétisation des « revendications sociales légitimes » de la population d’Al Hoceïma, en ce qui concerne l’enlisement des projets présentés au roi, le chef de gouvernement a souligné le manque de coordination entre les différents départements ministériels. « Il y a désormais une unité, au niveau de la présidence du gouvernement, pour coordonner et faire le suivi des différents projets du royaume. L’objectif est de répondre à la problématique de la coordination dans le travail de chaque département », a indiqué S.E. El Othmani. Il y a des attentes que le gouvernement est appelé à régler en toute urgence pour réparer les dysfonctionnements. « Pas moins de 200 appels d’offres ont été lancés par l’Agence de développement des provinces du Nord », annonce-t-il. Un programme qui ne tardera pas à être concrétisé, promet El Othmani, affirmant toutefois avoir besoin que « la situation se calme pour mener à bien et réaliser les chantiers initiés au profit de la population locale ».
Sur le sort des détenus dans les prisons d’Al-Hoceima et de Casablanca, le patron de l’Exécutif a jugé utile de s’enfermer dans la logique de séparation des pouvoirs. Laissant le loisir à la justice de faire son travail, loin de toute pression à entendre « politique ». Soit. Mais rien n’empêchait le chef de gouvernement de rappeler le leit-motive qui fait grand cas de la capacité de l’Etat à pardonner : « la patrie est clémente et miséricordieuse ». Dommage ! Surtout que le patron de la majorité, homme politique par excellence, sait que la réconciliation du Maroc avec son Histoire importe particulièrement dans le cas du Rif.
Si la sortie médiatique de S.E El Othmani a laissé les Marocains sur leur faim, il faut dire que les regards sont braqués aujourd’hui sur le travail des commissions d’enquête. Les responsables de divers ministères impliqués dans le projet « Al-Hoceima, Phare de la Méditerranée » par lequel le scandale est arrivé, ont été d’ores et déjà auditionnés. Et il en va de même pour le Président de la région Tanger-Tétouan-Al-Hoceima qui n’est autre que le patron du PAM. Le couperet épargnera-t-il tout ce beau monde appelé à défiler devant les membres des commissions d’enquête relevant aussi bien de l’Intérieur que des Finances ? La question obnubile l’opinion qui s’inquiète aussi de l’aura prise par la contestation rifaine à l’étranger. Les manifestations se suivent et se ressemblent dans plusieurs capitales européennes. Et des plaintes auraient même été déposées auprès d’instances internationales contre l’Etat marocain. Plus, on annonce l’arrivée à Al-Hoceima, le 20 juillet, de la caravane de solidarité que des MRE comptent monter pour épauler la contestation. Le foyer rifain reste des plus incandescents. Vers quoi s’achemine-t-on ?

 

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