Le Sahel brule sous les coups de Daech: Mali et Burkina Faso meurtris…
Le Sahel brule sous les coups de Daech: Mali et Burkina Faso meurtris…

Florence Parly, ministre française des Armées, a débuté lundi au Tchad une visite dans les pays du Sahel, dans un contexte sécuritaire régional très dégradé. Le Mali et le Burkina Faso paient de lourds tributs…

À la veille de ce déplacement inopiné de la ministre française de la Défense, Oumarou Dicko, député-maire de Djibo, a été tué dans une attaque dimanche 3 novembre.
En route pour Ouagadougou, lui et les trois autres occupants de son véhicule sont tombés dans une embuscade à Gaskindé, village situé à la sortie de Djibo.

À peine ont-ils quitté Djibo, qu’ils sont tombés dans une embuscade, non loin de Gaskindé. « Le véhicule dans lequel se trouvaient les quatre victimes a fait l’objet d’une attaque combinée perpétrée par des individus armés non identifiés » précise le colonel major Salfo Kaboré, gouverneur de la région du Sahel.
Le véhicule du maire aurait sauté sur un engin explosif improvisé. Deux occupants sont décédés sur le coup.
Le député-maire, qui avait survécu à cette première attaque, a été sorti du véhicule et abattu à bout portant devant des passagers d’un car de transport, venus porter secours aux blessés.

« Nous avons fait sortir les blessés du véhicule et les assaillants les ont amenés à l’écart et nous avons entendu des coups de feu » selon les propos d’un témoin. Mais les passagers du bus n’ont pas été inquiétés par les assaillants, selon nos sources. Selon les mêmes témoins, les assaillants avaient des « lance-roquettes et des armes sophistiquées ».

O. Dicko était aussi un vice-président du Congrès pour la démocratie et le progrès.
Le président du parti, Eddie Komboïgo, est revenu sur ce drame et sur la situation sécuritaire au Burkina Faso.
Il salue avant tout la mémoire d’un « grand homme qui aimait son peuple », « c’est une grande perte pour notre pays », regrette-t-il.
« Je remets en cause le diagnostic fait initialement par notre gouvernement, qui pensait que c’était l’ancien régime qui était mêlé à tout cela, pointe E. Komboïgo. Et nous constatons que le gouvernement n’est pas à la hauteur. Il n’a pas de solution pour lutter contre ces terroristes. Malheureusement, beaucoup de régions et de provinces sont touchées aujourd’hui. Près de 500 000 déplacés internes et nous commençons à constater qu’il y a des déplacés externes qui vont vers la Côte d’Ivoire et le Togo. Cela est regrettable pour un pays qui était en paix depuis 27 ans. »

Le doigt accusateur va droit au groupe dirigé par Adnan Abou Walid Al-Sahraoui (ancien du Polisario qui a intégré au départ le Mujao et dont la tête est mise à prix par les USA), qui a prêté allégeance à Daech en 2015.
Depuis on assiste à une recrudescence des attentats dans la région du Sahel, dite « zone grise ».

La preuve, au Mali, pays en proie aux attaques djihadistes depuis 2012, est en émoi depuis vendredi, jour où pas moins de 49 militaires ont été tués dans l’attaque d’un camp militaire dans le Nord-Est.
Le lendemain, deux autres ont été tués dans l’explosion d’un engin explosif dans le Centre.

Daech a vite fait de revendiquer l’attaque, dans un communiqué signé de sa « Province Afrique de l’Ouest », ainsi que la pose d’une bombe artisanale dans la même zone de Ménaka qui a tué samedi également un soldat français de l’opération Barkhane en activité dans la vaste zone depuis 2014.

Un porte-parole du groupe État islamique au Grand Sahara (EIGS), succursale de Daech au Sahel, a indiqué dimanche que son groupe avait attaqué le camp « au nom du califat ». « On avait appris que l’armée malienne travaillait dans le camps avec les apostats. Nous avons réussi à supprimer le camp », a déclaré Abdoul Chiquiti en soulignant que « la France est notre principale ennemie ».

Selon un rapport interne onusien, trois groupes distincts ont attaqué la base militaire d’Indelimane de façon simultanée. Selon l’officier, ils « étaient à moto », le moyen de transport privilégié par les groupes djihadistes au Sahel.

Cette région dite des « trois frontières » entre Mali, Burkina et Niger, est la zone d’action du groupe EIGS depuis sa création en 2015.
Il compte 100 à 200 combattants actifs dans la région.
Présent dans la zone de Ménaka, dans l’ouest du Niger et dans l’est du Burkina Faso, l’EIGS avait notamment revendiqué l’attaque de Tongo-Tongo en octobre 2017 au Niger, qui avait coûté la vie à quatre soldats US et quatre militaires nigériens.

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