Le système algérien communique à tout-va : Que pèsent les promesses « officielles » ?

Le système algérien communique à tout-va : Que pèsent les promesses « officielles » ?
Le système algérien communique à tout-va : Que pèsent les promesses « officielles » ?

En Algérie, contre mauvaise fortune, le système fait bon cœur. L’essentiel est de tout tenter pour « saturer » l’espace national pour endiguer petit à petit la colère qui sourd toujours parmi la population excédée par la crise multidimensionnelle qui paralyse le pays. Surtout que les observateurs ont les yeux rivés sur la journée du vendredi qui prend les allures d’un défouloir pour les masses.

Les manifestations d’aujourd’hui que l’on promet plus imposantes que précédemment ont de quoi inquiéter. C’est la raison pour laquelle Noureddine Bedoui, nouvellement investi Premier ministre par un Président décrié, a invité les médias (à l’exception des sites d’info) pour les affranchir sur ce que le « système » prépare pour dépasser le blocage actuel. Il a ainsi promis la formation d’un gouvernement d’experts où les jeunes et les femmes seront représentés.

N. Bedoui parachuté depuis l’Intérieur à la tête d’un Exécutif de « soudure » annonce aussi que la conférence sur la réforme de la Constitution débutera après la formation de ce gouvernent. Tendant ainsi la main aux formations de l’opposition pour prendre le virage sans dérapage. Jouant au « pompier », cet apparatchik qui fait partie des « sécuritaires » bénis par le clan Bouteflika, ne pouvait être, à lui seul, audible. Sans la mobilisation du communicateur de service, Ramtane Lamamra, consacré vice-Premier ministre. Ce dernier a tenté, la veille, de tracer les grands traits de la transition après le retrait de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika et le report de la présidentielle. Depuis la radio nationale, il a assuré que le président algérien n’a pas reporté la présidentielle et prolongé de fait son mandat pour rester au pouvoir, mais parce que le scrutin était source de « division » des Algériens.

R. Lamamra a expliqué que le but assigné à la Conférence nationale serait de mettre sur pied une plate-forme complète de réformes. Certaines de ces réformes pourraient être incluses dans la Constitution, qui serait ainsi modifiée. La Constitution sera ensuite soumise à référendum. Ladite conférence sera constituée de trois blocs, celui de la mouvance présidentielle, celui de l’opposition et celui de la société civile. Affirmant qu’elle devait refléter la démographie algérienne, avec une majorité de jeunes et une présence importante de femmes. Si des membres de la société civile voulaient intégrer ce gouvernement, ils seraient les « bienvenus», a noté R. Lamamra qui souhaitait faire contribuer les Algériensvia les réseaux sociaux, mais aussi les Algériens installés à l’étranger. En se référant au « message du président à la nation date du 3 mars », il a indiqué qu’il était nécessaire de sortir de la conférence « avec une plate-forme complète de réformes politiques, institutionnelles, économiques, sociales. Un certain nombre de ces réformes devraient avoir valeur constitutionnelle. Et ensuite, les politiques sectorielles et autres devront se faire dans le cadre normal. »

Tout en restant évasif sur les délais impartis, le nouveau vice-Premier ministre a affirmé qu’il souhaitait que le travail se fasse rapidement et que le président avait demandé à ce qu’elle termine ses travaux avant la fin de l’année. Tout peut être discuté affirme R. Lamamra, à l’exception du caractère républicain et démocratique de l’Etat et des trois constantes nationales, l’islamité, l’arabité et l’amazighité.

Enfin, il a expliqué que les consultations en vue de la formation d’un gouvernement étaient en cours. Ce gouvernement sera chargé d’appliquer la feuille de route présentée dans la lettre d’Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier restera en poste jusqu’à l’aboutissement du travail de la conférence nationale et jusqu’à l’élection d’un nouveau président de la République. L’élection présidentielle du 18 avril supprimée, Ramtane Lamamra annonce que le mandat des institutions se prolonge : « Toutes les institutions de la République continueront à fonctionner normalement, y compris l’institution présidentielle, jusqu’à ce que le peuple algérien ait librement choisi son successeur auquel il remettrait les charges de la présidence de la République. »

Tout ce train de mesures annoncées ne semble pas être en mesure d’embarquer les Algériens dans l’euphorie. Pour Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne des droits de l’homme, le régime continue à imposer ses choix sans concertation. « Le problème, c’est que cette conférence aujourd’hui est déjà verrouillée, discréditée », déplore-t-il après les annonces de R. Lamamra. « On avance déjà des noms qui sont déjà discrédités par la rue. Lamamra lui-même était ancien ministre. On ne peut pas faire de changements avec les mêmes personnages. On ne peut pas imposer un agenda, il faut qu’il y ait des concertations, un dialogue préalable avec les acteurs politiques, dégager des consensus pour arriver à de telles propositions. On veut un départ négocié du système, on veut une transition avec le peuple, en le concertant. C’est une offense de plus. »
Dans la région de Kabylie, le quatrième jour de grève était toujours suivi à presque 100%. L’opération « Ville morte » est scrupuleusement respectée à Tizi Ouzou et Gardaïa, les deux plus grandes villes de Kabylie, où des d’enseignants ont récemment manifesté.  Toutes les grandes villes du pays promettent de nouvelles manifestations à venir. Le principal rendez-vous est fixé à vendredi pour faire partir le régime en place, disent les manifestants.

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