Le système algérien mange ses enfants: De quoi les enquêtes et procès ouverts sont-ils le nom ?
Le système algérien mange ses enfants: De quoi les enquêtes et procès ouverts sont-ils le nom ?

En Algérie, le système est tenté de récupérer la colère du peuple qui revendique depuis plus de deux mois l’avènement d’une 2è République, en multipliant les annonces sur les arrestations de poids lourds du régime soit par par la Gendarmerie nationale et/ou la police judiciaire. Dans cette case, le dernier « coup » en date qui émerge du lot, si l’on excepte bien sûr la mise en prison de la patronne du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, concerne l’ancien directeur général de Club-des-Pins mis sous mandat de dépôt dans la nuit de lundi à mardi dernier.

Hamid Melzi est poursuivi, signalent les informations qui filtrent au compte goutte, pour des faits jugés « extrêmement graves » pouvant lui valoir la réclusion perpétuelle. On indique que le juge qui a ordonné son incarcération s’est basé sur l’article 65 du code pénal stipulant que «quiconque, dans l’intention de les livrer à une puissance étrangère, rassemble des renseignements, objets, documents ou procédés dont la réunion et l’exploitation sont de nature à nuire à la défense nationale ou à l’économie nationale» peut être condamné à l’emprisonnement à vie.

L’affaire est grave et rejoint, dans le fond, les motifs pour lesquels la S.G du PT est trainé en justice. On reproche à L. Hanoune qui s’est réuni avec Saïd Bouteflika, frère du président déchu lui-même poursuivi en justice en compagnie des anciens chefs des services algériens, Mediène et Tartag, d’avoir « comploté » contre le pouvoir.

Mais il faut dire que les enquêteurs qui se chargent du cas H. Melzi, pivot de l’ilot qui abritait les plus huppés des responsables algériens, disposent aussi d’autres éléments liés à la corruption et l’obtention de marchés de manière illégale dans lesquels seraient impliqués ses fils. Auditionnés le même jour que leur père, ces derniers devraient faire l’objet d’une nouvelle convocation.

Une enquête a été également diligentée sur la base de révélations faites par l’ancien ministre du Tourisme, Abdelkader Bengrina. Moretti, qui relevait également des compétences de Hamid Melzi, «a été vendu au dinar symbolique. Les villas, qui valaient entre 20 et 30 milliards de centimes, ont été vendues à prix bas. La plus chère a été cédée à 14 millions de centimes. J’ai refusé ces décisions et je n’ai pas assisté à la réunion du Conseil de participation de l’État (CPE)», a-t-il déclaré. A. Bengrina affirme également avoir été écarté du projet de construction du Sheraton Club-des-Pins confié à Hamid Melzi alors P-dg de la Société d’investissement hôtelier (SIH)».

L’ancien P-dg de Club-des-Pins n’est cependant pas le seul à être concerné par de nouvelles affaires. El-Chourouk, chaîne de télévision privée, a annoncé récemment que Ahmed Ouyahia et son fils faisaient l’objet d’une enquête liée à la corruption. A. Ouyahia est ainsi soupçonné d’octroi de crédits bancaires de manière illégale à plusieurs hommes d’affaires puissants. Les frères Kouninef, arrêtés en avril dernier, sont-ils passés à table en dévoilant les noms de hauts responsables impliqués dans leurs trafics ? Pour rappel, A. Ouyahia avait été auditionné par le tribunal d’Alger, fin avril dernier, comme témoin. Aujourd’hui, les enquêteurs qui s’intéressent au business de son fils devraient débusquer à la justice les activités suspectes dans lesquels le prévenu serait impliqué. Le fils de l’ancien chef de gouvernement algérien disposerait d’une entreprise à Dubaï, les EAU qui avaient accueilli Abdelaziz Bouteflika se présentant comme « le paradis fiscal » de choix pour les généraux algériens qui ont profité du système. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que la même chaine de télé a annoncé, dans la foulée de ces scandales, qu’une enquête a été confiée à la Gendarmerie nationale pour éplucher les dossiers de Tahar Allèche, P-dg de la SGSIA (Société de gestion des services et infrastructures aéroportuaires). Là aussi, nul besoin de rappeler que les Emiratis sont impliqués dans la gestion des ports algériens… Si l’on excepte Mers El Kébir, base navale de renom.

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