Le général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major et vice ministre algérien de la Défense a appelé les Algériens « à se tenir au côté de leur pays » en se rendant massivement aux urnes lors de la présidentielle du 12 décembre.
Cet appel lancé mercredi a coïncidé avec des affrontements à Bouira, dans le nord-est de l’Algérie, entre police et manifestants contre un meeting électoral de l’ex-Premier ministre Ali Benflis.

Le système algérien décrié par les manifestants depuis février dernier perd contenance. Le Hirak algérien ne faiblit pas en dépit de « la sortie de crise » projetée par les « spin doctors » du système et selon laquelle il suffirait d’élire, le 12 décembre, un successeur du président déchu pour que tout rentre dans l’ordre.

La preuve ? Les cinq candidats font une campagne a minima pour ne pas subir de plein fouet l’hostilité d’une grande partie de la population qui rejette la ruse du système.
Pas plus tard que mercredi, jour choisi par l’actuel homme fort du système pour appeler le peuple à choisir la voie des urnes, un des candidats du sérail, honni par le peuple, a essuyé les foudres des manifestants.
Il s’agit d’Ali Benflis, ex-Premier ministre sous le mandat de Bouteflika qui a duré 20 ans avant son « déboulonnage ».

Aveuglé, A. Gaïd Salah qui n’en fait qu’à sa tête, ce qui équivaut à un passage en force, appelle « le peuple algérien, toutes catégories confondues, jeunes, femmes, hommes et étudiants, sont appelés à se tenir aux côtés de leur pays (…) par une participation massive » à la présidentielle.
Droit dans ses bottes, le général qui entend « aller jusqu’au bout », comme le laissent croire tous les conseils qu’il accorde volontiers à ses obligés, assimile dès tous les opposants au scrutin à des citoyens déloyaux. Et de promettre que la présidentielle se déroulera « dans une atmosphère empreinte de démocratie réelle » puisque l’armée, tient-il à préciser, a réuni « toutes les garanties permettant de préserver » la sincérité du scrutin et s’engage à respecter le choix des Algériens.

Et pour faire bonne figure, l’homme lige du système, lui-même tenu à bout de bras par Abou Dhabi, comme le soupçonnent nombre d’observateurs algériens, une réalité qui transparaît via la dénonciation par le Hirak de toute ingérence émiratie dans les affaires algériennes, tient à rassurer.
En soulignant que l’Algérie n’accepte « aucune ingérence ou diktat (…) de la part de quiconque ». Une « dénonciation » qui intervient au lendemain des déclarations du ministre français des Affaires étrangères et à la veille de la présentation d’un projet de résolution du Parlement européen sur « la situation des libertés » dans ce pays.
La résolution votée au Parlement européen à l’issue d’un débat sur la situation en Algérie appelle les autorités algériennes à lever toutes les «restrictions aux libertés démocratiques et religieuses», à libérer «sans conditions» tous les prisonniers d’opinion et à engager «un dialogue sincère avec les organisations de la société civile».
Ainsi, la résolution affirme que le but du dialogue est de «créer un nouveau cadre juridique en conformité avec les critères internationaux des droits de l’Homme et la Constitution de l’Algérie».
Le Parlement européen «est convaincu que les réformes démocratiques et constructives […] peuvent garantir la stabilité politique, économiques et sociale de l’Algérie».

Pour rappel, Jean-Yves le Drian avait estimé mardi que la solution à la crise en Algérie passait par « le dialogue démocratique dans lequel chacun peut exprimer sans crainte ses opinions » et par le respect « des libertés d’expression (…), de la presse et de manifestation ».

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