Législatives : le PJD en proie à ses démons

Législatives : le PJD en proie à ses démons
Assurément, la formation islamiste que dirige Abdelilah Benkirane vit au rythme d’une valse endiablée à la veille des législatives d’octobre prochain. Le Parti de la justice et du développement (PJD) livre de lui une image qui est loin de consacrer l’angélisme prêché à tout bout de champ par ses cadors comme par ses thuriféraires. Car au sein de cette formation aussi, la guerre des égos a bien lieu et serait même à l’origine de l’hémorragie qui saigne ses rangs, prétendument soudés derrière le chef. Et ce ne sont pas les assurances livrées en vrac quant au caractère minoritaire de la fronde qui pourraient masquer la réalité : entre frères d’armes, on s’étripe ! Entre les différentes instances du parti, la Commission des régions en tête, et le secrétariat exécutif du parti, rien ne va plus. Le torchon qui brûle entre les militants, prétendument disciplinés, est animé par le seul carburant de gestion des carrières politiques : le choix des candidats aux législatives ne faisant pas l’unanimité. Comme quoi, la voie menant au paradis électoral n’est pas pavée que de bonnes intentions. Les informations qui circulent quant aux tractations internes qui ont lieu au sein de la Commission interrégionale confirment si besoin est que la formation islamiste n’a rien à envier à ses rivales. Au PJD aussi, on n’hésite pas à couper dans le lard. Quitte à ce que des voix contestataires s’élèvent au dessus du brouhaha pour faire sonner une autre cloche que celle que les communicateurs attitrés du parti sont habitués à agiter. Gageons que la mise à l’écart de plusieurs ministres tels Bassima Hakkaoui ou encore Abdelkader Amara, ne se fera pas sans récriminations. Et il faudra s’attendre à pire avec l’éviction de Jamila El Mossali, voire d’autres membres de la direction du parti de la trempe de Khalid Bouqarîi, Soulayman Amrani et Khalid Rahmouni… La Kasbah des islamistes est loin d’être aussi monolithique qu’on le prétend. De sources sûres, on affirme que les arbitrages opérés en marge du choix des candidatures aux prochaines législatives contribuent à lézarder davantage les murs qui soutiennent l’édifice Pjdiste. Et les lamentations auxquelles recourt A. Benkirane ne sauraient le disculper de toute contre-performance électorale déjà prévisible. Le patron du PJD qui aborde le tournant législatif avec une confiance excessive, assise sur l’exercice aléatoire des sondages, fait-il fausse route en terme de gestion des profils des candidats ? En tout cas, au sein de la direction du parti, l’échec sera retentissant pour bien des figures de proue sur lesquels ont porté les choix des candidats déjà avalisés. Et c’est peut-être en jouant sur les deux tableaux, y compris celui de la défaite consommée, que le PJD a jeté son dévolu sur A. Benkirane pour être projeté tête de liste à salé-Tabrikt. Ravissant ainsi la vedette à Mohamed Zouiten qui n’a réussi à drainer en sa faveur qu’une seule voix sur les 35 membres de la commission. Ce qui peut passer pour une surprise n’en est pas une. A. Benkirane s’entoure de toutes les conditions de succès pour assurer, en cas d’échec du PJD à renouveler son score de 2011, le rôle de leader de l’opposition.

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