L’enseignement bouillonne toujours : Crise à tous les étages…

S. Amzazi : «Des mesures de révocations vont commencer à être prises»
S. Amzazi : «Des mesures de révocations vont commencer à être prises»

A l’heure où les médias rapportent la convocation imminente d’une session extraordinaire du parlement pour avaliser la loi-cadre sur l’enseignement, la crise qui secoue ce secteur stratégique vient d’atteindre le point d’orgue avec la décision de la tutelle de sanctionner les enseignants « contractuels » qui observaient depuis quatre semaines une grève nationale.

En effet, décision a été prise de mettre à la porte les membres des coordinations de cette catégorie d’enseignants avec lesquels, il faut le souligner, le département n’a pas cherché à engager de dialogue direct. Pour défaut de représentativité, assure le ministre haraki Said Amzazi.

Au cours d’une conférence de presse organisée mercredi, le ministre affirme que l’Exécutif a répondu aux revendications des enseignants grévistes, assurant officiellement que «des mesures de révocations vont commencer à être prises» à l’encontre de quiconque «fait obstruction au bon déroulement» de l’année scolaire en cours. Cette rencontre s’est tenue en présente de Mustapha El Khalfi, ministre chargé des Relations avec le Parlement et la société civile, porte-parole du gouvernement.

S. Amzazi a expliqué que ce sont les directeur des Académies régionales de l’éducation et de la formation (AREF) qui allaient procéder à l’exécution de ces procédures, car selon lui, «ce sont ces derniers qui les ont recrutés». Pour le ministre, la contestation qui paralyse le secteur «n’est pas une grève». «Est-ce qu’il existe une grève qui dure quatre semaines ?», s’est-il interrogé, avant d’avancer que «c’est un abandon de poste et une suspension collective du travail».

Le ministère ne reconnaît pas la Coordination des enseignants contractuels et Amzazi rappelle qu’une révocation visera les concernés, qu’il taxe d’«inciter les autres enseignants» en «mettant à mal un service public dont il ne faut pas interrompre la continuité».

Quant au refus de discuter avec les coordinations desdits professeurs, il considère que «le dialogue n’aura lieu qu’avec les institutions constitutionnelles reconnues représentées via les syndicats qui tiennent leur légitimé des élections». Il ajoute sur ce point : «Les membres de la coordination sont-ils élus ? Nous avons dit à ces syndicats de venir avec les enseignants qu’ils veulent, mais pas ceux de la coordination.»

Ainsi, le ministre réitère ses appels aux professeurs en grève pour joindre les classes, soulignant que «le gouvernement tient à l’intérêt des élèves». Selon lui, le taux d’élèves «touchés par les manifestations des enseignants contractuels a atteint 7%, soit 300.000 seulement sur 7 millions».

Dans ce sens, il indique que «des mesures ont été prises pour combler les absences, à savoir le recours aux enseignants remplaçants ou retraités, des professeurs de l’enseignement privé, en plus d’un partenariat conclu avec des conseils régionaux pour fournir les cadres qu’il faut» ou encore le fusionnement de classes.

Pour sa part, le ministre chargé des Relations avec le Parlement et la société civile, porte-parole du gouvernement, a rappelé l’annonce de ce dernier, le 21 février, sur le «développement du régime de base des AREF». De ce fait, M. El Khalfi soutient que «le recrutement au niveau régional est une option stratégique pour laquelle il ne faut pas faire marche-arrière». Il a ajouté que le 13 mars, les conseils administratifs des AREF s’étaient réunis et avaient «aboli le système contractuel». Il se défend par ailleurs de toute influence de la Banque mondiale, qui «aurait dicté cette politique dans le cadre de ses recommandations». «Notre relation avec la Banque mondiale est basée sur la transparence ; le Maroc communique de manière claire sur tous les prêts qu’il reçoit et qui sont sans rapport avec le dossier des enseignants», argue le ministre

«Les raisons des manifestations et les revendications légitimes ont été traités», tranche-t-il en appelant les enseignants à «rejoindre les écoles pour qu’on ne soit pas obligé de prendre des mesures». Il affirme enfin que «les mesures qui seront prises à l’encontre de ces professeurs sont celles qui s’appliquent aux fonctionnaires publics». 

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