Les Chinois à l’assaut de la face cachée de la Lune: «Chang’e 4 » sur la trace de « Luna 3 »…

Les Chinois à l’assaut de la face cachée de la Lune «Chang’e 4 » sur la trace de « Luna 3 »…
Les Chinois à l’assaut de la face cachée de la Lune «Chang’e 4 » sur la trace de « Luna 3 »…

Pour le programme spatial auquel la Chine accorde un intérêt stratégique, tout semble marcher comme sur des roulettes. La preuve, c’est la face cachée de la Lune qui est ciblée par la mission Chang’e 4 (du nom de la déesse de la Lune dans la mythologie chinoise) qui a décollé vendredi 7 décembre 2018 depuis la base spatiale de Xichang dans le sud-ouest de la Chine via une fusée Longue Marche 3B. C’est le début d’un long périple pour l’engin chinois, qui devrait alunir autour du 1er janvier afin d’étudier cette partie encore inexplorée de la Lune et d’y mener des expériences scientifiques.

Contrairement à la face de la Lune la plus proche de la Terre, qui est toujours tournée vers notre planète, aucune sonde ni aucun module d’exploration n’a jamais touché le sol de l’autre côté. De quoi lever bien des mystères nourris autour de la partie invisible de notre satellite le plus proche qui, du fait des puissantes forces de marées qu’exerce la Terre, a une période de rotation parfaitement synchronisée avec sa période de révolution autour de la planète bleue faisant qu’il nous présente toujours la même face.  Pour rappel, en octobre 1959, la mission soviétique Luna 3, avait survolé cette partie-là de la lune. Et depuis quelques années, de très nombreux clichés ont été pris par des sondes en orbite, sans pour autant lever tous les mystères. C’est pourquoi les scientifiques suivent avec intérêt la mission chinoise. La Chine espère bien, en effet, poser en douceur sur le sol de la face invisible un atterrisseur et un rover. Une première qui s’inscrit dans un ambitieux programme chinois : recenser les ressources afin d’établir une base lunaire permanente à horizon 2030.

Pour surmonter les difficultés de communication, les Chinois ont lancé, en mai 2018, le premier volet de la mission : la mise en orbite du satellite de communications Queqiao,   installé autour du « point de Lagrange L2 ». Il relaiera ainsi vers les stations terrestres les données transmises par l’atterrisseur et le rover qu’il aura en ligne de mire.

L’atterrisseur et le rover du programme Chang’e 4 ressemblent à ceux de la mission lunaire précédente, Chang’e 3. L’atterrisseur et le rover de Chang’e 3 s’étaient posés sans encombre, en 2013, sur la face visible de la Lune, non loin de Mare Imbrium. Mais l’Académie chinoise des technologies spatiales (CAST) a décidé de placer sous haute surveillance le rover à six roues car son prédécesseur de « Chang’e 3 », premier robot mobile chinois – a connu des ratés : il n’a fonctionné qu’un mois au lieu des trois prévus ne parcourant que 110 mètres environ avant de s’immobiliser. Au Congrès astronautique international qui s’est tenu à Brême (Allemagne) en octobre, Li Ming, le vice-président de la CAST, a assuré que le rover Chang’e 4, modifié, serait plus fiable.

La mission est loin d’être de tout repos puisque la face cachée montagneuse et accidentée, est parsemée de cratères, alors que la face visible offre de nombreuses surfaces planes pour l’atterrissage. -Chang’e-4 sera « la première sonde de l’humanité à atterrir sur la face cachée de la Lune et à l’explorer », a déclaré le chef de la mission, He Rongwei, cité par le quotidien Global Times, publié en chinois et en anglais. « Cette mission est aussi le plus important projet d’exploration spatiale dans le monde en 2018 », a-t-il souligné.

Un des défis majeurs est de parvenir à communiquer avec le robot lunaire: la face cachée étant toujours orientée dans le sens opposé à la Terre, il n’y a pas de « ligne de mire » directe pour transmettre les signaux, sauf à installer un relais. D’où l’intérêt du satellite Queqiao, positionné en orbite lunaire de façon à relayer les ordres et les données échangées entre la terre et le module.

C’est la deuxième fois que la Chine envoie un engin explorer la surface lunaire après le Yutu (Lapin de jade) en 2013, qui est resté actif pendant 31 mois. Pékin prévoit déjà de lancer l’an prochain un Chang’e-5 pour recueillir des échantillons et les ramener sur Terre.

La Chine investit des milliards dans son programme spatial, piloté par l’armée. Elle place des satellites en orbite, pour son compte (observation de la Terre, télécommunications, système de géolocalisation Beidou) ou pour d’autres pays. Elle espère également envoyer un robot sur Mars et des humains sur la Lune. Pékin a dévoilé en novembre une réplique de sa première grande station spatiale (Palais céleste) qui devrait être assemblée aux alentours de 2022 et succéder à l’ISS, la Station spatiale internationale. L’ISS associe Etats-Unis, Russie, Europe, Japon et Canada, mais sa retraite est programmée pour 2024.

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