Les dégâts du plastique: Même les moustiques le propagent

Les dégâts du plastique: Même les moustiques le propagent
Les dégâts du plastique: Même les moustiques le propagent

Les moustiques ne représentent pas qu’un vecteur de propagation de maladies, comme la dengue ou la malaria. La revue Biology Letters vient de publier une étude dans laquelle on apprend qu’ils disséminent aussi le plastique, en transportant les microparticules contenues dans l’eau vers de nouveaux milieux naturels.

Issu des fibres de tissus synthétiques ou des microbilles abrasives des dentifrices et cosmétiques, le microplastique (particules inférieures à 5 mm) provient également de la fragmentation des déchets plastique (sacs, emballages, filets de pêche…) rejetés dans l’océan. Selon une étude de Plos One parue en 2014, plus de 5.250 milliards de microfragments de plastique flottent dans les océans, soit 269.000 tonnes de matière. Une autre étude de 2017 confirme la présence de 300 milliards de débris en Arctique. Une fois ingéré par les micro-organismes marins, comme les petits crustacés ou le plancton, ce microplastique contamine toute la chaîne alimentaire (poissonshuîtres, moules…).

Cette pollution qui frappe aussi les cours d’eau et les lacs, risque maintenant de contaminer des animaux terrestres par le biais des moustiques. On pensait jusqu’ici que les aliments et les déchets ingérés par la larve lors de son développement étaient éliminés par sa transformation en insecte adulte, lorsque le tube digestif est renouvelé pendant la mue. Mais les chercheurs de l’université de Reading (Grande-Bretagne), auteurs de l’étude de Biology Letters, ont découvert que ce n’est pas le cas. Non digérées, les microparticules de plastique sont en effet « stockées » dans la partie arrière de l’abdomen, appelée tubules de Malpighi, qui reste intacte lors de la mue.

Pour le vérifier, les chercheurs ont plongé 150 larves de moustique dans des aquariums contenant des microparticules de polystyrène fluorescent de 2 et 15 microns (µm). Ils ont ensuite étudié la concentration de ces microparticules à chaque stade de développement (larve, nymphe et moustique adulte). Résultat, environ 1 % des particules de 2 µm sont conservées dans l’abdomen (celles de 15 µm étant presque totalement éliminées). Cela peut paraître peu, mais ça fait tout de même une quarantaine de microparticules pour chaque moustique adulte (pour une concentration de 3.000 dans la larve).

« C’est la première fois que l’on met en évidence la transmission de microplastique par voie ontogénétique (passage du stade larvaire au stade adulte) », insiste Amanda Callaghan, une des auteurs. « C’est très inquiétant car les moustiques vont être ingérés par d’autres animaux comme les araignées, les chauves-souris ou les oiseaux, qui n’auraient normalement pas dû avoir accès à ces contaminants », expose-t-elle. Et ce qui est valable pour le moustique l’est aussi pour d’autres insectes qui passent par un stade larvaire aquatique, prévient la chercheuse. « Des oiseaux terrestres vivant à proximité de zones aquatiques polluées pourraient ainsi accumuler de grandes quantité de plastique. » Et c’est loin d’être rare, même dans des endroits que l’on pourrait penser préservés. En 2013, une étude avait montré que le lac de Garde, le plus grand des Alpes italiennes, contenait autant de microplastique que les sédiments des plages océaniques. Encore heureux que les moustiques soient incapables de transmettre du plastique à l’homme en le piquant.  « Il faudrait pour cela que les microparticules migrent dans les glandes salivaires», explique Amanda Callaghan.

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