Les FARC abandonnent les armes: Une nouvelle ère s’ouvre pour la Colombie

Les FARC abandonnent les armes: Une nouvelle ère s’ouvre pour la Colombie

Le gouvernement colombien et les Farc célèbrent mardi la fin du désarmement de la principale guérilla du pays, en conflit depuis plus d’un demi-siècle, une étape majeure de l’accord de paix historique signé fin 2016.
Désarmés. Les rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), la principale guérilla du pays, ont remis la majorité de leurs armes aux Nations unies, a annoncé lundi l’organisation internationale qui préside à la démobilisation prévue par l’accord de paix signé l’année dernière, à l’issue de 52 ans de conflit armé.
Une cérémonie officielle a eu lieu mardi 27 juin à Mesetas, dans le centre du pays, en présence notamment du président colombien Juan Manuel Santos et du chef suprême des Farc, Rodrigo Londoño, alias « Timochenko ». « Je ressens une grande émotion et de grandes attentes », a-t-il tweeté vêtu d’un t-shirt bleu floqué du drapeau de la Norvège, saluant ainsi le pays qui, avec Cuba, a été garant de l’accord de paix.
Selon la Mission des Nations unies en Colombie, chargée de superviser le désarmement et de détruire les armes, quelque 7 000 combattants des Farc ont remis leur arsenal conformément à la feuille de route de l’accord de paix, soit 7 132 armes désormais stockées par la mission onusienne. L’ensemble du processus, qui a valu au président Santos le prix Nobel de la paix, vise à tourner la page du plus ancien conflit armé d’Amérique latine, qui a fait au moins 260 000 morts, plus de 60 000 disparus et 7,1 millions de déplacés. La dernière phase du désarmement visant à remettre à l’ONU les 40% restants, avait toutefois été assombrie par un attentat à la bombe, le 17 juin dans un centre de commercial de Bogota, qui a tué trois personnes dont une Française. L’attaque, attribuée au groupuscule extrémiste Mouvement révolutionnaire du Peuple (MRP) dont neuf membres présumés ont été arrêtés, avait révélé une Colombie encore troublée par la violence malgré ses désirs de paix. Ainsi l’accord de paix avec les Farc, qui inclut aussi un dédommagement pour les victimes, une réforme agraire et la lutte contre le narcotrafic, avait été initialement rejeté de peu (50,2%) par les habitants lors d’un referendum, obligeant à une renégociation de l’accord. Cette dernière mouture avait finalement été approuvée par le Parlement.
En rendant son arme, chaque guérillero s’est vu remettre un certificat et a signé un acte l’engageant à ne plus les reprendre. Les armes « ont rempli une fonction déterminée à un moment déterminé, aujourd’hui nous prenons une décision politique et nous n’en avons plus besoin », assurait récemment l’un des plus hauts dirigeants des Farc, Mauricio Jaramillo. La prochaine étape sera ensuite le retour à la vie civile de ces désormais ex-guérilleros, jusque-là regroupés dans 26 zones du pays et qui bénéficieront d’une justice spéciale garantissant l’amnistie pour la majorité d’entre eux.
Les Farc, nées d’une rébellion paysanne en 1964, devraient elles connaître une seconde vie sous forme de parti politique. En ligne de mire : les élections générales de 2018, pour lesquelles les Farc pourraient présenter un candidat présidentiel.
Restera alors une étape pour parvenir à la « paix complète » tant souhaitée par le président Santos : négocier un accord similaire avec l’autre bastion rebelle représenté par l’Armée de libération nationale (ELN) fort de 1 500 combattants.

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