Lettre à X, décédé près de Tarajal: Dors o vieillard « nadori » bien aimé…

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A 69 ans, la peau sur les os, la mort qui t’a traitreusement fauché à Tarajal, aux portes de l’enclave de Sebta encore occupée, t’aura purifié de tous tes péchés.
Et certainement pas des petits bienfaits aussi symboliques soient-ils dont les autres t’en seraient reconnaissants. A vie !

Voilà pourquoi tu peux dormir tranquille. C’est tout ce que l’on espère pour toi.
Une vaine consolation pour le Rifain que tu fus, j’en conviens, au regard de tout ce que tu as pu traverser tout le long de ta misérable vie, arquée jusqu’à la rupture entre cabas et inextricables problèmes du quotidien.

Ce qu’il est dur le dirham que tu convoitais, ta vie durant pour gérer les contraintes de la misère.
Celle que tu regardais en face lorsque tu croisais au hasard ton image trainer sur les vitrines rutilantes.
Ce qu’il est dégradant de constater qu’à ton âge avancé, et alors que le pays sort difficilement d’un débat tronqué sur les régimes des retraites, tu n’a jamais eu le luxe de deviser ne serait-ce que sur un jour de vacances.
Les seules que tes semblables puissent s’offrir sont forcées et, évidemment, non payées !

Tout ce que je sais de toi n’a pas d’importance.
C’est-à-dire rien en fait, si ce n’est les images que nous renvoient les reporters qui immortalisent la misère qui traine encore ses guêtres le long de la frontière factice entre le Nord du Maroc et l’extrême sud de l’Espagne, en terre africaine.

De ces considérations là, je peux accepter le fait que, de ton vivant, tu eues à les refouler au fond de toi-même.
Même si tout le brouhaha qui a accompagné l’accélération de l’Histoire, à cause de l’Ilot Leila, a fini par baisser d’intensité.
Entre Rabat et Madrid, tout a fini par rentrer dans l’ordre.
Alors que dans ta petite tête, les choses semblent toujours clocher au regard des barrières de contrôles érigées de part et d’autre de Sebta.
Côté espagnol, les armes sont toujours visibles sur les vigiles de la Guardia civil. Mais pas que. Alors que du côté marocain, on a décidé de ne pas se donner l’image du cowboy…
Le gourdin à lui seul a valeur de puissante arme de dissuasion.
Les échos qui ont fini par échouer dans tes oreilles de vieillard t’ont certainement profondément remué depuis Al-Hoceima, Jerada et… Zagora !

Tu peux dormir tranquille, ton frêle squelette n’aura jamais plus à « tester » les coups de matraque, tes oreilles n’entendront plus les invectives qu’elles étaient habituées à capter et tes yeux se sont fermées à jamais sur tout ce qu’il y a de laid dans ce que la promotion touristique affirme être « le plus beau pays du monde ».
Dors ô Nadori qui m’a laissé orphelin.

J’espère de tout cœur que ta dépouille n’aura pas trop souffert des manipulations des autorités qui ne s’agitent que lorsque mort d’homme il y a.
Car de ton vivant, ô vieille mule de Fnideq, nul ne se souciait de ton inconfort que tu trainais au quotidien d’une ligne à l’autre de démarcation.
Ployant sous le pire des poids que ton frêle corps aie eu à supporter, les brimades espagnoles d’un côté, et les insultes bien crachées que les tiens te réservent de l’autre.

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