L’heure de la moralisation publique a sonné: Les promesses d’El. Othmani

L’heure de la moralisation publique a sonné: Les promesses d’El. Othmani

Même si le dossier d’Al-Hoceima n’était pas inscrit à l’ordre du jour, Saâd Eddine El Othmani n’a pas pu s’empêcher de répondre du tac au tac aux provocations des députés de l’opposition, lors de sa première séance mensuelle des questions orales à la Chambre des représentants. Interpellé sur le bras de fer opposant le gouvernement au mouvement de protestation qui agite la ville rifaine, le chef de gouvernement s’en est pris au député du PAM en lui renvoyant la balle : « À qui revient la présidence de la région? », a-t-il lancé à l’endroit du député pamiste avant de souligner que le gouvernement ne cède pas aux « petits calculs». Une passe d’armes qui a provoqué des remous dans les rangs du PAM, mais pas seulement. Appelant le gouvernement à assumer ses responsabilités face à la situation qui prévaut au Rif, le député Mohamed Chourourou, a poussé le porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, à réclamer un droit de réponse. Forçant le président de la Chambre des représentants, Habib El Malki, à intervenir pour lui rappeler le règlement interne de la Chambre des représentants et que la gestion de la séance relève de ses compétences.
Qui qu’il en soit, le chef du gouvernement devait répondre à des questions sur la moralisation de la vie publique et sur la diplomatie économique du Maroc en Afrique. Saâd Eddine El Othmani a promis une moralisation de la vie publique, vaste chantier s’il en est qui reste tributaire de la lutte contre la corruption, qui, à son tour, reste conditionnée par la réforme de l’administration publique. Il a ainsi rappelé que toutes les initiatives menées par les gouvernements précédents n’ont pas permis d’atteindre les objectifs fixés. Les premières assises consacrées à la lutte contre la corruption remontent à 1999. Depuis, plusieurs programmes de courte durée ont vu le jour, mais aucune stratégie intégrée n’a été élaborée. « Il a fallu attendre fin 2015 pour se doter d’une stratégie nationale », rappelle-t-il. Une feuille de route axée sur les actions de prévention qui semble agréer le chef du gouvernement.
Avec cette stratégie, le Maroc dispose, pour la première fois, d’une vision claire qui s’étale sur 10 ans. Encore faut-il qu’elle franchisse l’étape de l’exécution. En effet, la commission nationale anti-corruption qui devrait assurer le pilotage de cette stratégie n’a pas encore vu le jour. Le décret portant sur sa création n’a pas été adopté. El Othmani a, toutefois, affirmé que le décret sera approuvé dans les deux prochaines semaines. En attendant, il a souligné que 2.992 affaires de corruption ont été déférées devant les tribunaux en 2016. De même, toutes les affaires relayées par la Cour des comptes ont été transmises à la justice. Plus, le chef du gouvernement, a annoncé devant la Chambre des représentants un projet de réforme de l’Administration, axé sur 230 mesures concernant notamment la lutte contre la corruption. «Nous allons annoncer dans les deux prochains mois les mesures urgentes à appliquer pour lutter contre la corruption», a déclaré Saâd-Eddine El Othmani lors de la séance mensuelle consacrée aux questions relatives à la politique générale du gouvernement.
Le chef de l’Exécutif a annoncé que le gouvernement adoptera dans les deux semaines à venir un décret portant sur la création d’une commission nationale chargée du suivi et de la mise en œuvre de ce programme ambitieux. Un programme qui, selon lui, doit moraliser la gestion de l’Administration, favoriser le respect de loi, et renforcer la lutte contre la corruption…

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