Libéralisation des hydrocarbures: Un processus irréversible, assure A. Rabbah

Libéralisation des hydrocarbures: Un processus irréversible, assure A. Rabbah

Le gouvernement dément catégoriquement les rumeurs selon lesquelles le Maroc retournerait à la subvention publique des hydrocarbures. Tout au plus ira-t-on vers un plafonnement des prix comme c’est le cas en Belgique. Une piste pour laquelle majorité et opposition sont favorables.

Dans un entretien accordé au journal « Les Ecos », Aziz Rabbah, ministre de l’Energie, des Mines et du développement durable a mis fin aux spéculations en rejetant l’éventualité d’un retour en arrière. Il explique notamment que la libéralisation des prix est « irréversible » et confirme que le gouvernement, par le biais du ministère des Affaires générales, est en train de travailler sur un système de plafonnement des prix à la vente. D’ailleurs, le ministre des Affaires générales, Lahcen Daoudi, a enfoncé le clou en parlant d’un sujet « non discuté » et de « simples rumeurs ».

Aussi, la majorité comme l’opposition parlementaire sont d’accord sur la nécessité d’établir des mesures de plafonnement des prix des carburants et d’évaluer l’efficacité de la politique de libéralisation du secteur des hydrocarbures. Du côté de l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP), Driss Lechgar a rappelé dans les colonnes de TelQuel l’urgence de tout remettre à plat et de donner la possibilité aux autorités d’intervenir, notamment sur le volet logistique et transport en cas de hausse vertigineuse des tarifs. Le leader socialiste impute la responsabilité au PJD et en première ligne à l’ancien Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane. « Pour nous, il faut revenir à l’origine du problème. Quand le gouvernement Benkirane avait décidé de libéraliser les prix, nous avions dit qu’il fallait mettre en place des mécanismes d’accompagnement, et donner les moyens au Conseil de la concurrence pour qu’il puisse s’acquitter de sa mission. Imaginons que, demain, on se retrouve avec un litre d’essence à 30 dirhams. Comment va-t-on se comporter ? », souligne-t-il.

Pour sa part, Omar Balafrej, représentant de la Fédération de la Gauche Démocratique (FDG) à la commission des Finances, a déposé trois recommandations qu’il aimerait voir intégrées aux dix-neuf déjà inscrites dans le rapport sur le prix des carburants.
Il suggère, en premier lieu, d’adopter, d’ici fin juin, une loi de finances rectificative, afin d’inclure une contribution exceptionnelle des entreprises pétrolières. « Les dix-sept milliards de marges qu’elles ont réalisées depuis la libéralisation sont une base de travail qu’on peut discuter, mais il faut que le gouvernement prenne au sérieux cette proposition ». O. Balafrej souhaite, avant fin mai, que les opérateurs du secteur restituent au minimum les trois milliards de dirhams que l’État leur avait alloués en 2014-2015 pour augmenter leur capacité de stockage. Enfin, à la même échéance, le parlementaire demande à ses pairs de lancer une commission d’enquête qui poursuivrait le travail de la commission d’information, en auditionnant notamment les dirigeants des groupes pétroliers.

Le Parlement a rendu public un rapport sur les prix des carburants qui a démontré une augmentation des marges engrangées par les distributeurs depuis la libéralisation des prix en 2015.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.