L’insécurité entre le réel et le ressenti: Lorsque la DGSN veut…

En l’espace d’une dizaine de jours, les services de police en action à Casablanca ont annoncé avoir mis le grappin sur pas moins de 8.225 individus.
Le décompte s’est voulu précis puisqu’on souligne, côté DGSN, qu’entre les 10 et 21 octobre, pas moins de 6.049 malfrats ont été arrêtés en flagrant délit, le reliquat se référant à ce que la culture policière appelle les « wanted ».
Autant dire que la moyenne des interventions réussies est de l’ordre d’une centaine par jour. Un « per diem » des plus honorables pour une mégalopole où la présence policière, de moins en moins prégnante, renforce le sentiment d’insécurité chez les Casablancais.

Premier constat, lorsque les hommes de Hammouchi veulent, ils peuvent. Et on ne saurait que nous féliciter de ces opérations « coups de poing » qui, in fine, redonnent confiance aux citoyens.
Sauf que le sentiment d’insécurité, aussi réel ou ressenti soit-il, renvoie aux limites de ces mêmes opérations de démonstration de la force publique. Car elles s’apparentent, elles aussi, à de simples campagnes qui pèchent par leur durée, limitée dans le temps.

Deuxième constat qui n’est pas sans lien avec le précédent a trait, lui, au matériel saisi lors de ces opérations. Les armes blanches !
Une hantise pour les urgentistes et chirurgiens de la capitale économique qui voient défiler un nombre incalculable de cas désespérés.
Pourtant, le Maroc est aux antipodes de l’Empire du Soleil Levant, là où la culture Samouraï s’accommode de toute une panoplie d’épées.
Armés de cette panoplie d’objets contendants qui défigurent et amputent, s’ils ne conduisent pas à la mort, les malfrats qui hantent les artères de Casablanca ne font pas que semer le désordre. Ils sapent les fondements même de la confiance qui lie le citoyen à l’Etat. « Lorsque le chat n’est pas là, les souris dansent », rappelle le dicton.
Certes, nul n’est crédule sous nos latitudes.
Chacun sait que la DGSN fait avec les moyens dont elle dispose.
Sauf que le taux d’encadrement qui reste faible gagnerait certainement à être renforcé par le déploiement d’une police municipale, plus visible et jouant de la proximité, pour rassurer le plus grand nombre.
Des emplois pourraient ainsi être créés dans le cadre de la gestion communale… Et laisser plus de temps à la sûreté nationale pour faire le boulot que les citoyens attendent d’elle.
La crédibilité de l’Etat et de ses agents n’en sera que renforcée. À défaut d’en prendre pour son grade par le laxisme que l’opinion publique dénonce à chaque coup.
Le patron de la DGSN qui cherche à humaniser les rapports entre policiers et citoyens ne dirait pas non.    

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