« Les lions africains » de McKinsey Global Institute: Le Maroc en décélération

« Les lions africains » de McKinsey Global Institute: Le Maroc en décélération
Dans sa dernière analyse de l’économie africaine, le McKinsey Global Institute s’est intéressé amplement à l’économie marocaine. L’étude intitulée « Lions on the move II », qui a porté sur les différentes voies de croissance des économies africaines, a, tout en mettant en exergue que depuis 2010 « la croissance du PIB a accéléré dans environ la moitié des 30 plus grandes économies », souligné que le Maroc fait partie des six pays où elle a décéléré en compagnie du Nigeria, l’Egypte, l’Afrique du Sud, l’Algérie et l’Angola.
Bien qu’elle ait rangé le Maroc du côté des économies qui connaissent une « croissance stable », aux côtés, notamment de l’Éthiopie, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal ou encore de la Tanzanie, la présente étude a relevé que le Maroc fait partie des pays où la croissance traine le pas depuis 2010. Quoique la moyenne de croissance de ces « producteurs stables » était de 5,8 % par an entre 2010 et 2015 (supérieur eà 2,9 % en moyenne mondiale), cela n’a pas empêché les analystes du McKinsey d’y ajouter le Maroc « parce qu’il a démontré des niveaux relativement élevés de stabilité ». Ces pays qui ont représenté 19 % du PIB de l’Afrique en 2015 sont, selon le rapport de McKinsey, « typiquement peu dépendants des ressources pour la croissance, sont des petites économies qui progressent avec la réforme économique et l’amélioration de leur compétitivité ».
Tout en rappelant que le développement des industries manufacturières est la clé de voûte ou le « moteur essentiel du développement économique », la présente étude a souligné que la croissance de la valeur ajoutée manufacturière africaine (2,5 % par an en moyenne entre 2000 et 2015), qui reste à peu près en ligne avec la moyenne mondiale, « a pris beaucoup de retard par rapport à l’Asie (7,4 %). Dans ce sens, elle a affirmé que « les économies africaines en général ont « sous-performé » (1,4 % des exportations manufacturières mondiales) et que l’Ethiopie et la Tanzanie restent, en particulier, les seuls pays où il y a eu une augmentation constante et rapide de la production manufacturière. En ce qui concerne le Maroc, elle a précisé que celui-ci appartient au groupe des cinq gros producteurs manufacturiers du continent (aux coté de l’Egypte, du Nigeria, de l’Afrique du Sud et de la Tunisie), où se concentre la grande partie de la production manufacturière évaluée à 500 milliards de dollars en 2015.
L’analyse du cabinet de conseil américain relève que « quatre catégories de produits peuvent contribuer à un doublement de la production manufacturière de l’Afrique » en précisant que « la plus grande opportunité » concerne l’automobile. « Cette possibilité sera probablement possible pour certains pays, principalement l’Egypte, le Maroc, l’Afrique du Sud et la Tunisie », lit-on sur le rapport. Car, dans ces économies, les fabricants ont déjà considérablement renforcé leurs capacités dans ces domaines. A ce propos, l’étude indique que « le Maroc et l’Egypte ont élargi leurs capacités en ce qui concerne ce secteur d’environ 10 % par an en termes réels entre 2004 et 2014 (…), au moment où l’Afrique du Sud a augmenté ses capacités plus lentement ».
Par ailleurs, l’étude souligne que le Maroc fait partie des rares pays africains qui poursuivent la diversification de leurs économies, mais aussi des sept placés dans la moitié supérieure du classement Doing Business 2016 de la Banque mondiale (Botswana, Maurice, Rwanda, Seychelles, Afrique du Sud et Tunisie). L’étude « Lions en mouvement II : réaliser le potentiel des économies de l’Afrique » qui incite les gouvernements à encourager la croissance des secteurs à fort potentiel en étroite coopération avec les entreprises, sur la base d’une compréhension claire des avantages comparatifs de leur pays, cite le Maroc en exemple à ce sujet.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.