L’Irak à feu et à sang: Rudes tractations politico-politiciennes
L’Irak à feu et à sang: Rudes tractations politico-politiciennes

Plus de 24 heures après l’attaque meurtrière au centre de Bagdad visant des protestataires, le bilan s’alourdit.
«Le massacre de Sinak» a fait 24 morts au total.
Malgré l’inquiétude, les manifestants affirment qu’ils ne se démobiliseront pas pour autant.

Vendredi 7 décembre, en début de soirée, des dizaines d’hommes armés et masqués ont débarqué aux abords de la place Tahrir, à Bagdad, à bord de plusieurs pickups, faisant 24 morts, dont quatre policiers, selon un nouveau bilan établi de sources médicales.

Le lendemain de ce massacre, des milliers d’Irakiens ont quand même continué à se mobiliser dans les rues de Bagdad et dans le sud du pays. Et un obus tiré par un drone a visé la maison du leader chiite Moqtada Sadr, qui n’était pas sur les lieux au moment de l’attaque et qui a été le premier à avoir réclamé le départ du gouvernement d’Adel Abdel Mahdi.

Outre ces attaques, des dizaines de manifestants ont été enlevés depuis le début de la contestation par des hommes en uniforme noir, que l’État dit ne pas avoir réussi à identifier.
Depuis le 1er octobre, le mouvement de contestation en Irak a déjà fait 440 morts et
20 000 blessés.

À rappeler que le grand ayatollah Ali Sistani avait refusé vendredi d’être associé au futur Premier ministre en Irak dont les partis négocient la nomination.
Le dignitaire de 89 ans, plus haute autorité religieuse chiite d’Irak, passe pour avoir fait et défait tous les Premiers ministres depuis le renversement du dictateur Saddam Hussein après l’invasion américaine du pays en 2003.

La semaine dernière, c’est un prêche en son nom qui avait précipité la chute du gouvernement d’Adel Abdel Mahdi, un an après sa prise de fonctions.

Mais cette fois-ci, a prévenu l’ayatollah Sistani, il ne joue « aucun rôle » et ne fait « pas partie » des négociations, menées sous l’égide des émissaires de Téhéran – le général iranien Qassem Soleimani et le dignitaire chiite en charge du dossier irakien au Hezbollah libanais, Mohammed Kaoutharani.

« La nomination du Premier ministre doit se faire loin de toute ingérence étrangère », a martelé son représentant dans la ville sainte chiite de Kerbala au sud de Bagdad.
Comme chaque vendredi, il a lu le sermon du grand ayatollah qui n’apparaît jamais en public.

Vendredi, des centaines de clercs chiites et d’employés de différents lieux saints d’Irak – venus principalement de Najaf et de Kerbala – se sont mêlés aux manifestants de la place Tahrir de Bagdad, épicentre de la contestation entrée dans son troisième mois.
Ce soutien des religieux a été exprimé au lendemain du déferlement place Tahrir de milliers de partisans du Hachd al-Chaabi, coalition de paramilitaires dominée par les pro-Iran et intégrée à l’Etat irakien.

Certains des manifestants antigouvernementaux ont dit craindre que les pro-Hachd ne se préparent à « nettoyer » la place pour « en finir » avec leur mouvement.

Depuis le 1er octobre, l’Irak vit au rythme des violences et de manifestations contre le pouvoir dans l’un des pays les plus corrompus au monde, contre le chômage qui touche un jeune sur quatre, la pauvreté endémique et les ingérences étrangères, tout particulièrement celles de l’Iran.
Près de 430 personnes ont été tuées, majoritairement des manifestants, et quelque 20 000 blessées, selon un bilan compilé par l’AFP à partir de sources médicales et policières.

Les manifestants on obtenu une première victoire avec la démission le 1er décembre d’Adel Abdel Mahdi qui gère les affaires courantes jusqu’à la désignation de son remplaçant par le président Barham Saleh à qui il reste une dizaine de jours pour le faire.

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