Logistique: ASMEX et BMCE parlent blockchain
Logistique: ASMEX et BMCE parlent blockchain

Les opportunités et menaces de la blockchain sur le commerce extérieur du Maroc ont été au centre du débat lors d’une conférence tenue, mercredi à Casablanca, à l’initiative de l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX) et la BMCE Bank of Africa (BOA).

Cette rencontre a été l’occasion pour des experts internationaux, des institutionnels et des opérateurs économiques de premier rang de souligner que la blockchain, technologie des réseaux partagés ou distribués, présente un intérêt majeur pour les exportateurs marocains et leurs partenaires.

Deux panels ont été au menu de cette conférence, qui vise à soutenir les exportateurs marocains dans leur développement à l’international et à les éclairer sur les opportunités et les risques de ce type de plateforme, portant sur l’impact de la blockchain sur “le commerce international” et “le transport maritime et logistique”.

La blockchain, une technologie de stockage et de constitution des informations fonctionnant sans organe centrale de contrôle, est appelée à révolutionner le monde comme l’a fait déjà le téléphone portable et Internet”, a estimé, à cette occasion, le vice-président de l’ASMEX, Aziz Mantrach.
Chaque donnée est contrôlée et validée avant d’être regroupée en bloc et de rejoindre une base de données située dans un réseau partagé avec d’autres utilisateurs sans intermédiaires, a-t-il expliqué, précisant que cette technologie s’impose, de plus en plus, comme solution sûre, robuste et efficace.

A.Mantrach, également président de la commission logistique et président de l’Association marocaine des agents maritimes (APRAM), a fait remarquer que plusieurs secteurs s’intéressent davantage à cette technologie et y voient une nouvelle solution pour répondre à la problématique de la traçabilité.
À ce stade, a-t-il poursuivi, “il est légitime de se poser des questions sur les conséquences induites par la généralisation de la blockchain et sur qui profiteront de cette technologie: les pays développés ou bien les pays en voie de développement?”.
Relevant la difficulté de quantifier les gains générés par la blockchain, A. Mantrach a relevé que cette technologie permettra, par ses atouts de traçabilité de la chaîne d’approvisionnement et d’élimination des cas de fraude, de reconquérir la confiance des consommateurs face aux produits importés. Et d’ajouter que l’ASMEX, qui a comme mission d’encadrer, soutenir et d’accompagner les entreprises exportatrices marocaines pour développer et diversifier leurs exportations, vise à anticiper les nouveaux changements qu’impose cette transformation, de répondre aux préoccupations du secteur privé et des pouvoirs publics en vue d’avoir une véritable feuille de route pour les années à venir.

De son côté, le directeur du centre d’intelligence économique de BMCE BOA, Mamoun Taheri Joutei, a indiqué que la blockchain, apparue en 2008 et restée confidentielle pendant des années, permet de remplacer les traditionnelles tiers de confiance, ou plus exactement de les déplacer, voire dans certains cas de les rendre inutiles.
D’après lui, la dématérialisation, la transparence, la traçabilité, la résilience, la vitesse, l’optimisation des coûts de transactions et la sécurité sont, entre autres, les multiples bénéfices de cette technologie.

Taheri Joutei, qui a mis l’accent sur le potentiel de la blockchain à casser les cloisonnements existant actuellement entre les nombreuses parties aux transactions commerciales transfrontières, a passé en revue les différentes activités “blockchainisables”. Il s’agit, en effet, des métiers de tiers de confiance, du registre (objets, actifs, cadastre, diplômes, certifications, etc), du transfert d’actifs, du smart contracts (programmes autonomes qui exécutent automatiquement les conditions et termes d’un contrat), des process administratifs (reporting, compliance, paiements des intérêts/dividendes, etc), du transport et de la santé.
Le directeur du centre d’intelligence économique de BMCE BOA a, par ailleurs, noté que les coûts inhérents au traitement administratif des documents commerciaux représentaient environ 20% des coûts du fret maritime.
Dans ce contexte, a-t-il soutenu, les spécificités de la blockchain (transparence, confiance et sécurité) rendent cette technologie propice à l’optimisation des process et notamment l’amélioration de l’efficacité des échanges commerciaux.

Le développement technologique est en train de révolutionner la logistique et le commerce international en raison de son apport essentiel en matière de transparence et de sécurité.

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