L’opposition algérienne face aux offres du « système »: Une générosité suspecte…

L’opposition algérienne face aux offres du « système »: Une générosité suspecte…
L’opposition algérienne face aux offres du « système »: Une générosité suspecte…

Les Algériens refusent d’être bernés par la multiplication des promesses que le système fait valoir pour gérer une période charnière dans l’histoire de ce pays dont la Nomenklatura est vouée aux gémonies. S’ils sont désormais sûrs que le Président diminué ne mourra pas sur le trône, comme il l’envisageait, ils se demandent qui gouvernera le pays après le départ « annoncé » de Bouteflika. Comme  ils s’inquiètent après le report des élections présidentielles à une date inconnue qui, de facto, pave la voie à un prolongement du quatrième mandat à l’origine de la colère.

Si le système algérien a choisi de parer ses offres de réformes profondes conduisant, au bout, à une nouvelle République, du sceau présidentiel, la transition promise via une conférence nationale réunissant des personnes représentatives de la société algérienne et de ses sensibilités, c’est qu’il cherche à parer de « légitimité » ces mesures qui sont de nature à changer tout sans rien changer.

Si le président a promis une personnalité indépendante, consensuelle et expérimentée à la tête de la commission chargée de travailler pour modifier la Constitution et préparer la prochaine élection présidentielle, il faut dire que le choix n’appartient pas au peuple. La Ligue des droits de l’homme estime dans un communiqué que cette transition sera « pilotée, gérée et conduite par le système autoritaire décrié et rejeté par le peuple ». De son côté, le Rassemblement pour la Culture et la démocratie (RCD) dénonce, dans un communiqué, une « prolongation illégale et indéterminée » du mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Pour le RCD, il s’agit d’« une manœuvre du clan vouée à l’échec ». Le RCD critique le choix d’une voie « à la Kabila en RDC ». Il appelle à la démission du chef de l’Etat et demande la mise en place d’un comité de sages « pour ouvrir une période de transition ».

Pour le Parti des travailleurs, cette conférence nationale arrive trop tard pour être utile. Désormais, la rue veut aller plus loin, explique Ramdane Taâzibt, membre du bureau politique du PT. « Ces annonces viennent un peu en retard, souligne-t-il. Cela aurait pu avoir un sens si ces propositions avaient été faites il y a plusieurs mois, parce qu’aujourd’hui l’immense majorité de la population réclame qu’il n’y ait pas de cinquième mandat, mais ils demandent aussi que le système parte, c’est-à-dire un processus qui permet réellement à la majorité de la population d’être associée pour dessiner l’avenir de ce pays. »

Par ailleurs, explique R. Taâzibt, « est-ce qu’on peut donner souveraineté absolue à une conférence qui est constituée de personnes qui sont non élues ? Est-ce qu’il n’y a pas tentative de la part du régime de reprendre les choses en main et de contrôler cette période cruciale ? »

Même le Mouvement de la société pour la paix, parti islamiste « modéré », craint qu’il ne s’agisse d’une « coquille vide ». La conférence est vouée à l’échec aux yeux du MSP, jadis proche du pouvoir.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.