Lorsque la FISA caquète: Ni aile, ni cuisse !

De nouveau, la question du poulet de chair revient sur les devants de la scène. Et ce pour deux raisons. D’abord, il y a l’histoire du prix que la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (AFISA) tente de justifier par une surproduction qui a poussé les éleveurs à se débarrasser du surplus pour créer artificiellement la demande. A 25 Dh le kilo, le scandale n’est plus à justifier au regard des agissements frauduleux aussi bien des producteurs (les éleveurs en l’occurrence) que les intermédiaires. La hausse chiffrée à 300% du poulet de chair a de quoi détourner le consommateur habituel de cette viande blanche réputée à la portée des petites bourses. On comprend dès lors pourquoi un appel au boycott a été lancé depuis quelques jours déjà sous le signe « laisser pondre, laisser caqueter » !

Mais dans cet indicible désordre qui prive les Marocains d’un apport nutritif de qualité (souvenons-nous que la majorité des abattoirs ne sont pas agréés et donc source de maladies), la conduite même de l’élevage avicole laisse largement à désirer faut d’un contrôle strict et efficient. La preuve ? On gave toujours les poulets d’antibiotiques avant de les mettre sur le marché. Tout le monde le sait et ferme les yeux. Ce qui expose les Marocains à d’énormes problèmes en cas d’épidémie, comme le confirment nombre de vétérinaires et de médecins qui tirent la sonnette d’alarme sur les méfaits induits du recours par les éleveurs à la colistine (entre autres). Ces derniers qui ne cherchent qu’à rentabiliser leur business voient court en condamnant le consommateur final. C’est cette réalité-là, ô combien dangereuse, qui exige de l’Exécutif une attitude des plus fermes. Quitte à s’aliéner le puissant lobby des aviculteurs qui se fait des œufs en or en fragilisant la santé des citoyens.
A-t-on fait une évaluation des risques sanitaires encourus ? A-t-on procédé à une quelconque estimation des surcouts induits par la consommation de produits dont la toxicité latente est avérée ? L’Agriculture est interpellé au même titre que la Santé. Cela sans oublier l’Intérieur. Il y va de la santé des citoyens. A moins que…

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