Luttes de classes au Maroc: Des chiffres glaçants!

La lutte des classes prend une autre dimension dans le Royaume. Voilà de quoi redonner espoir aux formations progressistes en perte de vitesse depuis que leurs leaders, ayant ont succombé à un embourgeoisement avancé, ont préféré tourner le dos à des notions marxistes de base dont l’obsolescence a été programmée par le triomphe d’un libéralisme débridé. L’analyse réelle de faits avérés laissent entendre que trois milliardaires marocains les plus riches détiennent à eux seuls 4,5 milliards de dollars, soit 44 milliards de dirhams. Leur richesse est telle que la croissance de leur fortune en une année représente autant que la consommation de 375.000 Marocains parmi les plus pauvres, sur la même période. L’éclairage apporté crument par Oxfam sur la réalité marocaine a de quoi donner le tournis pour ceux qui ont cru bon de voir en l’évolution globale du PIB per capita l’expression de l’éclatement du tissu social en plusieurs classes moyennes… Car qu’ajoutent les précisions filtrées par l’ONG britannique qui juge scandaleux l’enrichissement d’une minorité au détriment de la masse ? Que les 10% les plus riches ont un niveau de vie en moyenne 12 fois supérieur à celui des 10% les plus pauvres, un écart qui n’a guère reculé depuis les années 1990. Voilà de quoi heurter bien des certitudes qui nous sont servis par des organismes publics qui poussent des cris d’orfraies à chaque occasion que la misère crade du pays est affichée au regard du monde entier dans les divers rapports liés au développement humain. Pour Oxfam, le Maroc possède le niveau d’inégalités le plus élevé d’Afrique du nord, malgré une légère baisse depuis une décennie. Si la situation globale des Marocain-e-s s’est améliorée au cours de ces dernières années – le taux de pauvreté ayant été divisé par trois entre 2001 et 2014 (de 15,3% à 4,8%) – plus de 1,6 million de personnes restent pauvres et 4,2 millions de personnes restent vulnérables, c’est-à-dire susceptibles de basculer dans la pauvreté à tout moment. La plupart des personnes pauvres et vulnérables résident en zones rurales. Le HCP qui s’attire l’ire des politiques a de quoi être réconforté dans ses démarches qui bousculent le confort national.

Et l’ONG d’ajouter que les jeunes et les femmes sont particulièrement touché-e-s par la précarité car la grande majorité ne parvient pas à accéder à un emploi stable, à un salaire décent et à une couverture médico-sociale. Faut-il dès lors s’étonner à ce que la colère soit si éruptive dans le pays ?

La somme des injustices qui frappent les millions de Marocains déclassés n’est donc pas à dédaigner. Seules 22% des femmes occupent un emploi, contre 65% des hommes; et près de trois-quarts des jeunes diplômés du supérieur sont au chômage, ajoute Oxfam. Tout en rappelant qu’au-delà des difficultés économiques qu’elles rencontrent, les femmes sont victimes de discrimination dans de nombreux autres domaines. On est loin d’un modèle économique qui, officiellement, vise à être inclusif. Cela transparaît d’ailleurs à travers l’éducation qui, assure l’ONG, joue un rôle déterminant dans la création et la reproduction des inégalités. Malgré des améliorations indéniables, le tiers de la population marocaine est encore analphabète, et en milieu rural la proportion des femmes analphabètes s’élève à 60%. Et de conclure que les insuffisances des systèmes de santé et d’éducation au Maroc expliquent son faible Indice de Développement Humain (IDH): le Maroc occupe la 123e place sur 188 pays.

Qui aura donc à défendre l’image de marque du Royaume au Forum de Davos ? Gageons que tel n’est pas le verre de thé de S.E El Othmani…

VOIR EN PDF – OXFAM

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