M.J Zarif jette l’éponge: Coup dur pour la diplomatie iranienne

M.J Zarif jette l’éponge: Coup dur pour la diplomatie iranienne
M.J Zarif jette l’éponge: Coup dur pour la diplomatie iranienne

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, fervent partisan du rapprochement de l’Iran avec l’Occident, a annoncé sa démission lundi 25 février sur son compte Instagram, créant un véritable choc dans le pays.

L’agence officielle iranienne Irna a confirmé cette information en citant un adjoint du porte-parole du ministère des Affaires étrangères.L’artisan de l’accord nucléaire a été très critiqué ces derniers mois pour l’absence de retombées économiques pour l’Iran après la sortie des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire et le retour des sanctions américaines.Contre vents et marées, M.J Zarif a défendu cet accord et le maintien des relations avec les pays européens. Cependant, le gouvernement iranien et M.J Zarif ont annoncé que les récentes mesures européennes pour créer un canal financier étaient décevantes.Ces dernières semaines, il a également tenté de convaincre le Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime, une haute instance d’arbitrage politique, pour que l’Iran adhère à une série d’accords internationaux contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Toutefois, malgré plusieurs réunions, cette instance n’a visiblement pas été convaincue par M.J. Zarif. Cette démission du chef de la diplomatie iranienne, qui intervient le jour même de la visite surprise du président syrien à Téhéran, est un véritable choc dans le pays.

Face à la persistance des manifestations, le président soudanais Omar el-Béchir a durci le ton lundi en interdisant ce type de rassemblement, mais les organisateurs de la contestation ont appelé le peuple à descendre de nouveau dans la rue. Dans le cadre des mesures liées à l’état d’urgence décidé vendredi, il a aussi précisé avoir autorisé les forces de sécurité à mener des raids dans des bâtiments « où sont menés des activités suspectes » ainsi que des fouilles corporelles. Il a également banni « la publication ou l’échange y compris sur les réseaux sociaux d’informations portant atteinte à l’État ou aux citoyens ».

Ceux qui violeraient ces dispositions encourent jusqu’à 10 ans de prison, a précisé la présidence qui a fait des annonces après que des centaines de manifestants sont descendus dans les rues lundi, malgré l’état d’urgence décrété vendredi. Le principal groupe organisant la contestation, l’Association des professionnels soudanais, s’est immédiatement montré défiant. « Nous appelons notre peuple dans la capitale, dans tous les Etats (provinces), toutes les villes et tous les villages à descendre dans la rue maintenant pour exprimer leur rejet des nouvelles mesures d’urgence annoncées par le chef du régime », a lancé dans un communiqué cette association qui fait partie d’une Alliance pour la liberté et le changement (ALC).

Plus tôt dans la journée, avant les annonces du président el-Béchir, des centaines de personnes rassemblées dans la capitale Khartoum avaient scandé « liberté, paix, justice », le slogan de la contestation, selon des témoins. La police a tenté de les disperser en tirant des gaz lacrymogènes. Un peu plus tard, des manifestations ont eu lieu dans d’autres quartiers de la capitale, Burri, Shambat et Al-Deim, selon des témoins. À Omdourman, ville jumelle de Khartoum, la police a tiré des gaz lacrymogènes dans l’enceinte de l’université pour femmes Ahfad, où des étudiants ont organisé un rassemblement lundi.-

Le Soudan est depuis le 19 décembre le théâtre de manifestations quasi quotidiennes déclenchées par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain, dans un pays en plein marasme économique. La contestation s’est vite transformée en un mouvement réclamant le départ de Omar el-Béchir, 75 ans, qui tient le pays d’une main de fer depuis un coup d’État soutenu par les islamistes en 1989 et envisage de briguer un troisième mandat en 2020.

Lors d’une réunion à New York du Conseil de sécurité, Washington a exhorté khartoum « à mettre un terme immédiat à la répression violente de manifestations pacifiques ». « Nous sommes vivement préoccupés par la déclaration d’état d’urgence », a ajouté le représentant américain à l’ONU, Jonathan Cohen, à l’unisson de plusieurs États européens, comme l’Allemagne, membre actuellement du Conseil de sécurité. « Plutôt que de renforcer les forces de sécurité pour contrer les manifestations, ce qu’il faut ce sont des mesures (…) pour répondre aux griefs légitimes de la population », a insisté Jonathan Cohen.

Au-delà de la baisse des subventions du pain, le Soudan, amputé des trois quarts de ses réserves de pétrole depuis l’indépendance du Soudan du Sud en 2011, est confronté à une inflation de près de 70% par an et fait face à un grave déficit en devises étrangères.

Le Service national du renseignement et de la sécurité (NISS) a arrêté depuis décembre des centaines de manifestants, leaders de l’opposition, militants et journalistes, d’après des ONG. Selon un bilan officiel, 31 personnes sont mortes depuis le 19 décembre. L’ONG Human Rights Watch (HRW) évoque le chiffre de 51 morts. Rejetant les appels à sa démission, Omar el-Béchir a toutefois opéré des changements dans les hautes sphères du pouvoir en limogeant le gouvernement. La contestation s’est vite transformée en un mouvement réclamant le départ du chef de l’État, âgé de 75 ans, qui tient le pays d’une main de fer depuis 1989 et envisage de briguer un troisième mandat lors de la présidentielle de 2020.

O. El-Béchir a limogé vendredi les gouvernements central et locaux, affirmant que le pays avait besoin de « gens qualifiés ». Cinq ministres, dont ceux des Affaires étrangères, de la Défense et de la Justice, conserveront leur portefeuille, a-t-il dit. Il a en outre nommé à la tête des 18 provinces du pays 16 officiers de l’armée et deux responsables de la sécurité. Samedi, il a limogé son premier vice-président et allié de longue date Bakri Hassan Saleh, le remplaçant par le ministre de la Défense Awad Ibnouf qui conserve son portefeuille. Il a en outre nommé au poste de Premier ministre Mohamed Taher Ela, ancien gouverneur de l’État agricole d’Al-Jazira, selon la présidence.

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