Une importante mobilisation a de nouveau lieu vendredi 12 avril en Algérie pour la huitième semaine d’affilée. Elle intervient quelques jours après la nomination du président par intérim Abdelkader Bensalah et l’annonce d’une présidentielle le 4 juillet.

La mobilisation toujours aussi massive a commencé dans la nuit du 11 au 12 avril à Alger. Même si la rue a fait plier le pouvoir ces dernières semaines notamment avec le départ d’Abdelaziz Bouteflika, la mobilisation populaire juge cette démission insuffisante et souhaite chasser du pouvoir tous les responsables qui incarnent le « système ».

Jeudi 11 avril au soir, les policiers anti-émeutes, avec leurs casques bleus, étaient presque aussi nombreux que les premiers manifestants qui convergeaient déjà vers l’emblématique place de la Grande Poste au centre d’Alger. Pour la première fois, on craint des débordements. La gendarmerie a installé des barrages filtrants sur les principaux axes qui mènent vers la capitale. Dans la matinée, les hélicoptères sillonnaient le ciel d’Alger la Blanche.

L’attitude des forces de sécurité sera scrutée lors de cette nouvelle mobilisation. Si elle avait largement laissé se tenir toutes les mobilisations du vendredi depuis sept semaines, le 9 avril, la police a pour la première fois depuis le 22 février tenté de disperser une manifestation pacifique d’étudiants à Alger et a empêché le 11 avril tout rassemblement devant la Grande Poste, monument central et emblématique de la capitale algérienne.

C’est le premier vendredi de rassemblent depuis la nomination d’Abdelkader Bensalah comme président par intérim. Et c’est justement ce fidèle d’Abdelaziz Bouteflika qui cristallise désormais la colère des Algériens. La rue exige son départ et celui de tous les responsables du régime. Depuis plusieurs jours, le chef d’état-major de l’armée tente de calmer la rue, en vain. Ahmed Gaïd Salah s’est même porté garant de la période de transition.

« Non, c’est non », répondent les Algériens : « Nous n’avons pas chassé Bouteflika pour récupérer son bras droit ». Des manifestations ont donc eu lieu presque tous les jours cette semaine.

Mais par qui remplacer les responsables qui incarnent le « système » aux yeux des manifestants, et surtout comment ? La société civile algérienne s’interroge. Le débat est ainsi lancé alors que des hommes politiques aussi bien que des militaires tentés par le pouvoir commencent à donner de la voix.

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