Marche solidaire avec le Rif à Rabat: Une mobilisation et des questions

Marche solidaire avec le Rif à Rabat: Une mobilisation et des questions

Des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblées dimanche dans le centre de la capitale marocaine en signe de solidarité avec la contestation qui agite le nord du pays. Mais que peut-on déduire de la mobilisation de cette marée humaine qui s’est ébranlée au rythme de slogans allant de « Vive le peuple » jusqu’à l’exigence de « Liberté pour les prisonniers » de la province d’Al-Hoceima en passant par la revendication de « La liberté, dignité, justice sociale » ? De quoi cette manifestation qui aurait rassemblé entre 12.000 et 15.000 personnes, selon l’Intérieur, et des « dizaines de milliers » selon d’autres observateurs, est-elle le nom ?
D’abord, même sans débordements, cette marche a regroupé des courants pour le moins inconciliables sur le plan idéologique. L’Association Al-Adl Wal Ihssane qui s’est particulièrement éclipsée des mois durant est revenue opportunément sur les radars en surfant sur la colère du Rif. Elle rejoint en cela les irrédentistes d’Ennahj qui ne croient qu’en une seule force mobilisatrice : le peuple. Le rapprochement entre les deux courants n’aura pas échappé aux observateurs… Au point que le PSU, une des composantes de la Fédération de gauche qui a appuyé depuis le début le soulèvement dans le Rif, n’aura pas manqué de lancer des pics contre l’opportunisme politique dont viennent de faire preuve certaines forces politiques. Et ce qui court pour la Jemaa court aussi pour l’Istiqlal dont Hamid Chabat, « leader maudit » par les siens, tente de se replacer sur l’échiquier politique, au même titre d’ailleurs que la formation que dirige Me Ziane, un des avocats de Zefzafi, présenté comme « l’icône » de la contestation d’Al-Hoceima.
En l’espace de deux heures, les marcheurs ont battu le pavé à Rabat. Mais avec quel retentissement sur le cours des événements ? Telle est la question nodale qui interpelle tout un chacun. Surtout que les regards restent braqués sur les répercussions qu’une telle marche aura sur les événements qui ont cours dans le Nord. Les contestataires qui s’agitent dans la province d’Al-Hoceima devraient-ils consentir à emprunter la voie de la raison en dialoguant avec les autorités où se sentiraient-ils pousser des ailes pour « radicaliser » davantage leur démarche protestataire ?
De quoi sera faite la réaction de l’Etat face à une fronde qui risque de faire tâche d’huile ?
Dans sa complexité, le dossier rifain qui s’invite sous les feux de la rampe appelle à une gestion raisonnée et raisonnable. La transparence doit être de mise dans toutes les démarches entreprises dans un sens comme dans l’autre pour que le retour à la normalité soit au rendez-vous. Car il est regrettable de pouvoir constater que même les bons offices déployés par la « Moubadara » citoyenne n’auront pas abouti à quelque chose de concret si l’on excepte le constat d’échec… Dès lors, que cherche-t-on à faire du RIF ?

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