Maroc-Algérie: Un réchauffement dans l’air?

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Marocains et Algériens sont-ils décidés à fumer le calumet de la paix ? On serait tenté d’affirmer que telle est la volonté partagée par les deux peuples qui vivent le calvaire d’une frontière fermée depuis plusieurs décades. Sur les réseaux sociaux, les appels qui consistent à faire tomber les murs, à démanteler les barbelés et à ouvrir la frontière entre l’Algérie et le Maroc ont été lancés de part et d’autre. Une lame de fond qui met les capitales des deux pays voisins devant leurs responsabilités.

Le déclencheur d’une telle déferlante sur les réseaux sociaux des deux pays ? L’espoir que les petites phrases, « politiques » celles-là, ont fait naître depuis que le cabinet royal a reçu un message fraternel du Président Bouteflika à l’occasion de l’Aïd Al-Fitr et les remerciements exprimés par Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, à l’ambassadeur algérien accrédité à Rabat en réponse au soutien exprimé par l’Algérie à la candidature marocaine pour l’organisation du Mondial 2026.

Un événement sur lequel ont embrayé plusieurs figures du football des deux pays pour l’organisation commune de la Coupe du Monde de 2030… Même si le discours diplomatique utilisé de part et d’autre ne dépasse pas les limites du « langage convenu ».

Les internautes qui osent prendre au mot les responsables des deux pays appellent les dirigeants algériens à revenir sur leur décision condamnant depuis 1994 la frontière avec le Maroc, après la déclaration du président de la Fédération algérienne de football (FAF), Kheïreddine Zetchi, le 14 juin 2018, évoquant l’idée d’une candidature commune entre les pays du Maghreb pour l’organisation du Mondial de 2030.

Surfant sur l’occasion de cette détente diplomatique entre les deux voisins maghrébins, une pétition, portant le nom d’initiative citoyenne pour la réouverture des frontières entre l’Algérie et la Maroc a été lancée sur Twitter pour sensibiliser les populations des deux pays sur l’importance de cette question.

Mais est-ce suffisant pour enterrer la hache de guerre après les récents bruits de bottes qui ont défrayé la chronique lorsque les deux pays ont rivalisé en « manœuvres militaires » toutes organisées sous un même titre « de grande envergure » ?

Certes, jusque-là, aucun débordement n’a été signalé. Même si la diplomatie marocaine n’a pas hésité à évoquer le « casus belli » en dévoilant les grands desseins du Polisario qu’il entend mettre en œuvre dans les zones considérées « no man’s land » au-delà du Mur de protection érigé par les FAR à la frontière maroco-algérienne. La tension est-elle pour autant retombée à son plus bas niveau ? Difficile à dire. Surtout que le système algérien a habitué l’opinion publique des deux pays aux « discours convenus » de fraternité alors qu’il persiste à cautionner le séparatisme sahraoui et l’aiguillonner pour desservir les intérêts du Maroc, comme c’est le cas aujourd’hui au niveau de l’Union Européenne. Et le plus inquiétant est lié, lui, au risque de voir l’ossature du système algérien, en panne d’alternance, user et abuser du « micro-nationalisme » en marquant le Maroc comme l’ennemi à abattre…

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