Les Marocains ont voté : Entre défiance et couacs…

Les Marocains ont voté : Entre défiance et couacs…
Les Marocains ont voté ce vendredi pour élire leurs 395 représentants. L’opération s’est déroulée sous tension. PAM, PI, PPS, PJD et d’autres partis se sont empressés de dénoncer des irrégularités par-ci et par-là. Bien que l’Intérieur, qui s’est engagé de son côté à garantir un scrutin transparent conformément aux directives du Souverain, a annoncé à la mi-journée que « le vote se déroule dans des conditions normales ». Le CNDH qui n’a couvert que 20 % des bureaux de vote a invité des délégations étrangères pour attester du bon déroulement de l’opération.
A midi le taux de participation était de 10 %. Un chiffre habituel vu que les gens partent voter généralement après la prière. L’après-midi s’annonçait décisive pour faire oublier les faibles taux de participation des dernières épreuves votatives. Rappelons que le « parti de l’abstention » est resté largement en tête en 2007 et 2011 avec respectivement 63 % et 55%. A 17 h, les taux de participation variaient d’une région à l’autre allant de 25 % pour la région Settat Casablanca à 38% à Laâyoune Sakia EL Hamara. Cependant, s’il y a lieu de s’attendre à une amélioration en termes de participation par rapport aux précédentes échéances électorales, il faut dire que l’épreuve de cette année n’a pas différé de ces précédentes en termes « d’irrégularités ». Celles-ci ont été dénoncées par beaucoup de partis. Le PAM a été le premier à dénoncer l’usage des téléphones au sein des bureaux de vote. Selon son porte-parole khalid Adnoun, le secrétaire général du PAM, Ilyas El Omari, a envoyé une missive au ministre de la Justice et des Libertés, Mustapha Ramid ainsi qu’au ministre de l’Intérieur, Mohammed Hassad qui coprésident la commission gouvernementale du suivi des élections après que la direction nationale du parti ait constaté sur les pages Facebook que des sympathisant du PJD ont publié des « selfie pris dans les isoloirs avec leur bulletin de vote pour le PJD ». La même source a annoncé que le parti a pu rassembler pas moins de 64 photos qui illustrent des irrégularités interdites par les articles 39 et 50 de la loi organique 27.11 relative à la Chambre des Représentants. K.Adnoun a dans ce cadre, indiqué que son parti a sommé Ramid pour qu’il ordonne au Parquet général de diligenter une enquête en ce qui concerne ces infractions. Il a également appelé le ministre de l’Intérieur à exhorter les chefs des bureaux de vote à se conformer aux exigences de l’article 50 de ladite loi, en particulier en ce qui concerne l’interdiction des téléphones mobiles dans les bureaux de vote.
Le PAM a également envoyé une autre correspondance auxdits ministres pour dénoncer cette fois le comportement de la Justice administrative en ce qui concerne le traitement réservé à deux « infractions faites par des membres du PJD qui faisaient campagne pour leur parti le jour du vote (à 9h30 devant les centres de votes à Tanger (15 arrondissent) et à Taza (devant lycée El Kindi quartier El Massira). Dans la même ville, son rival, le PJD, a pour sa part dénoncé l’interdiction à ses délégués d’accéder aux bureaux de votes menus des listes des électeurs. Pour sa part, le frère El Haj Nabil Benabdellah a lui aussi dénoncé « l’existence d’affiches de certains partis politiques devant les bureaux de vote considérant que la campagne a pris fin jeudi à minuit ». A Sidi Yahya, les autorités ont arrêtés un ancien président de commune candidat au nom de l’UC après dénonciation de corruption faite par le Mohammed Krifi vice-tête liste du PJD avant qu’elles ne le relâchent. Le candidat de l’UC a attribué ces infractions à deux membres du Mouvement populaire qui ont été immédiatement arrêtés.
L’opération de vote a connu, par ailleurs, des historiettes voire des perles rares qui la marqueront à jamais. A Khénifra, les autorités locales de la province ont annoncé qu’un citoyen a brisé l’urne dans un bureau de vote du quartier la renaissance dans la commune Leqbab avant de prendre la fuite ». La même source a expliqué que l’urne a été remplacée devant tous les représentants des partis présents dans ledit bureau de vote. Mais la meilleure, c’est celle du président du bureau de vote numéro 19 à Sidi Boushab dans province de Chtouka-Aït Baha qui a mis l’urne dans le coffre de sa voiture en expliquant aux délégués des partis politiques qu’il doit partir faire la prière du vendredi et qu’il ne peut pas la laisser derrière lui.
Notons, par ailleurs, que le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a été chargé de superviser l’observation du scrutin du 7 octobre et de veiller à la bonne tenue du processus d’accréditation pour l’observation neutre et indépendante des élections. Ce processus a permis la participation de 32 institutions nationales ayant mobilisé plus de 4.365 observateurs et de 36 instances internationales avec 316 observateurs venus de Tunisie, Mali, Sénégal, Oman, Egypte, Qatar, Nigeria, Jordanie, France, Espagne, Japon, Italie, Pologne, Mauritanie, Bahreïn, Palestine, Royaume-Uni, Niger, Togo, Gabon, Pays-Bas, Suède, Allemagne et Canada. Les observations de ces deniers en compagnie des 2000 observateurs nationaux devraient être divulguées juste après la fin de l’opération a assuré le Conseil.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.