Médias électroniques: Devenez censeurs et soyez béni !

Médias électroniques : Devenez censeurs et soyez béni !
Médias électroniques : Devenez censeurs et soyez béni !

Au département de la Communication, on ne badine avec la loi et ses dispositions. Quitte à ce que l’architecture en question soit liberticide. Le communiqué officiel diffusé dans la soirée du 15 septembre enjoint aux médias électroniques «  à veiller sur la mise en place des dispositions de la loi relative à la presse et à l’édition concernant les informations et les allégations fausses contenues dans les commentaires sur une nouvelle ». La tutelle qui fait cas de l’article 36  du Code de la presse  bat ainsi le rappel en soulignant que «  les commentaires des visiteurs du journal électronique sont soumis au principe de la liberté et la responsabilité et que le directeur de publication a l’obligation de ne diffuser aucun contenu constituant un crime au regard de la loi, et de retirer le commentaire ou le lien si le préjudice est établi ».

Mohamed Laaraj qui cherche, assure-t-on, à rendre plus tonique le marché de l’édition (l’accueil trois jours avant la diffusion dudit communiqué du bureau de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux faisant foi) ne passe pas à côté de l’essentiel : une bonne info doit être éthérée et les commentaires qui l’accompagnent doivent obligatoirement passer au moulinet… En d’autres termes, il s’agit-là d’un rappel  à l’ordre des plus nuisibles aux médias appelés à jouer un rôle pour lequel ils n’ont jamais été taillés, celui de censeurs !

Pourtant, nul se saurait se défaire d’un axiome qui a toujours accompagné la scène médiatique : l’info est sacrée et le commentaire est libre. Le ministre s’acharne ainsi sur les sites d’information qui ne s’assument pas en tant que « brosses à reluire » justes propres à recycler l’info officielle convenue. La preuve ?  Le ministre insiste, dans une déclaration aux confrères de Telquel.ma, sur le fait que cette communication ne concerne pas les commentaires sur les réseaux sociaux…  En d’autres termes, la réglementation s’avère permissive pour d’aucuns sans les autres. A charge pour les sites d’infos de se « professionnaliser »… En devenant censeurs !

On est en pleine confusion des genres. Reste au ministère de « fixer » les lignes rouges indépassables que la majorité des médias nationaux intériorisent depuis la nuit des temps en recourant à l’autocensure. M. Laaraj qui évoque les plaintes pour insultes que des personnalités adressent à la tutelle n’ignore pourtant pas que le Code de la presse sanctionne les contrevenants. Affaire à suivre…

1 COMMENTAIRE

  1. Bien sûr que le commentaire est libre de même que la critique. Cependant, il y’a des limites que beaucoup franchissent aisément. Dans les pays démocratiques, les médias responsables ne publient pas les commentaires sans passer par les mailles d’un modérateur. On ne peut accepter de lire des insultes, des injures racistes ou autres calomnies de la part d’écervelés.
    Si les médias donnent la parole aux lecteurs, c’est à eux aussi d’être porteur des valeurs d’une presse libre. Tout simplement faire leur métier et code fait remettre le censeur à sa place …. aux orties.

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