Même avec l’AMO, les Marocains trinquent: A votre santé, camarade !

Il a toutes les raisons du monde de se pavaner de la sorte au sein de l’Hémicycle en louant, face aux élus de la Nation, les acquis engrangés par le secteur de la Santé dans le pays. Comme il a toute la latitude pour passer à la trappe les chiffres qui dérangent quant à l’offre en soins qui distingue le pays pour ne mettre en exergue que les pourcentages optimistes qui, raisonnement par l’absurde ou pas, s’avèrent des plus abscons face à une demande latente et généralement non satisfaite.
C’est d’Anas Doukkali qu’il est question dans ce billet volant.

Le ministre camarade assure ainsi que 65% des besoins en médicaments sont couverts par une industrie « nationale ».
Mais il passe à la trappe une réalité qui fait mal : le prix des médicaments qu’ils relèvent du type génériques ou pas. La preuve ?
Elle se situe non loin des frontières établies par l’Espagne, les Présides occupés s’étant transformés en véritable Mecque du commerce des médicaments.
La raison de cette activité florissante qui fait, elle, le bonheur des industriels espagnols, est liée aux prix de vente des médicaments, beaucoup moins chers que dans notre propre pays. Alors lorsqu’il pérore autour des 5% de stocks de médicaments qui peuvent poser problème, peut-on croire en la sincérité de son débit phraséologique ?

En tout cas, ni les médecins du public, ni les étudiants en médecine ne semblent emballés par l’optimisme naturel qu’étale le ministre camarade.
La preuve ? On ne peut pas verser dans le complotisme « adliste » lorsqu’on sait que la plus belle fille du monde ne saurait offrir que ce qu’elle a : la santé est à la dérive et ce sont les praticiens d’aujourd’hui, comme ceux de demain, qui l’affirment haut et fort.

Que dire de l’élargissement de la couverture médicale ? Là, le ministre a frappé fort en soulignant que ladite couverture est estimée (la nuance est bien là) à 60%.
Autant dire que le camarade ministre n’a pas toutes les données en main et qu’il ne fait qu’extrapoler. A moins qu’il soit grand amateur des chiffres ronds. Ceux qu’il constate, alignés à chaque foin de mois, sur le bulletin de son salaire.
Ladite couverture reste donc assez courte pour englober toutes les parties du grand corps malade que présente le pays.

Le raisonnement très ministériel est que l’action entreprise s’inscrit dans la perspective d’élargir ce taux, en y intégrant la catégorie des indépendants.
Au vu de l’étiolement des secteurs publics dans le pays, le dégraissage du Mammouth ayant démarré depuis les fameux programmes d’ajustements structurels dont les promoteurs critiquent la pertinence au regard des dégâts occasionnés, on conviendra donc que la couverture est restée limitée et dans le temps et dans l’espace.Faute de courage politique, certes, mais aussi de moyens à mobiliser.
Alors, la solution miraculeuse pronostiquée pour rapiécer ladite couverture consisterait en la mise en orbite d’un projet de loi ciblant la couverture médicale des parents ; soit 200.000 personnes environ, le tout moyennant la révision du taux de souscription de tous les adhérents.
Bien sûr, on ne ponctionne que le disponible, l’argent des contribuables qui ont le malheur de tomber dans la catégorie des imposables à la source.

On l’aura compris. A. Doukkali traduit les petits calculs dont résonnent les couloirs de la Primature. Là où, on peut aisément l’imaginer, les conclusions sonnantes et trébuchantes du fameux dialogue social ont du mal à passer.

A. Ben Driss

 

1 COMMENTAIRE

  1. La médecine au Maroc coûte très cher au patient. Que cela concerne les médicaments ou le prix des consultations. Mais c’est surtout le prix des consultations qui est exorbitant si on le compare à celui pratiqué dans les pays voisins Algérie ou Tunisie. Il faut que nos médecins retrouvent la raison sinon ils vont tuer la poule aux oeufs d’or. Quant à la chirurgie c’est pire encore c’est aussi cher sinon plus qu’en Europe.

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