Mesures antiterroristes en Belgique : HRW dévoile la maltraitance des marocains

Mesures antiterroristes en Belgique : HRW dévoile la maltraitance des marocains
Fayçal Cheffou, qui a été confondu à tort avec l’« homme au chapeau ».
Human Rights Watch vient de sortir un rapport détaillé sur les opérations menées par les forces de l’ordre suite à l’adoption les lois antiterroristes « problématiques » par la Belgique. L’ONG a recensé dix cas d’usage excessif de la force et pas moins de 26 incidents de maltraitance des ressortissants des pays d’Afrique du Nord. Se référant aux « suspects ou leurs avocats », l’ONG indique que la police avait utilisé des insultes telles que « sale arabe » ou « sale terroriste ».
Dans le rapport de 67 pages intitulé « Sources d’inquiétude : Les réponses anti-terroristes de la Belgique suite aux attentats de Paris et Bruxelles », l’ONG a, tout en analysant les mesures « visant à placer les prisonniers détenus pour terrorisme en isolement prolongé, et permettant au gouvernement de retenir les passeports et d’étudier les relevés téléphoniques et les e-mails des personnes soupçonnées de terrorisme sans autorisation judiciaire », recensé des cas d’usage excessif de la force dans le cadre des opérations antiterroristes et de maltraitance qui ont concerné, entre autres, des ressortissants marocains également citoyens belges.
Au cours de ses missions en Belgique HRW a relevé les 26 incidents impliquant la police sur lesquels elle a mené des enquêtes. HRW affirme que « les suspects ou leurs avocats ont indiqué que la police avait utilisé des insultes telles que « sale Arabe » ou « sale terroriste », les avait arrêtés brutalement et fouillés, et dans 10 cas, avait eu recours à une force excessive, y compris en les frappant ou en les jetant contre des voitures ». A l’exception d’un suspect, « tous étaient musulmans et tous, sauf deux, étaient d’origine nord-africaine », précise l’ONG. « Seul un des suspects a été accusé de terrorisme et avec erreur sur la personne ». Pis, les suspects affirment que les abus verbaux ou physiques commis par la police les avaient traumatisés, ainsi que leurs enfants dans certains cas, et qu’ils avaient nui à leur réputation », regrette la même source. Pis, certains d’entre ont déclaré « avoir perdu leur travail en conséquence. Les suspects dont les biens avaient été endommagés au cours de descentes ont évoqué les délais et les difficultés rencontrés pour obtenir indemnisation ». « Tous ont affirmé avoir perdu toute confiance en la police à cause des traitements subis », indique l’ONG. Dans son rapport HRW cite un témoignage d’un binational qui s’appelle Omar et qui a accusé la police de l’avoir battu et traité de « sale arabe » avant de le relâcher sans l’inculper. « On se fait attaquer par l’État islamique qui nous dit que nous sommes des mécréants alors que nous n’avons rien à voir avec eux », a-t-il dit.
Dans son long rapport l’organisation fustige la loi de 2015 permettant aux autorités de retirer la citoyenneté belge à des binationaux reconnus coupables de crimes terroristes pourrait laisser penser qu’il existe une couche de citoyens de « seconde zone » caractérisés par leur origine ethnique et leur religion. Notons que ce rapport et le fruit de trois missions menées en Belgique au cours desquelles HRW a interrogé 23 personnes alléguant des abus physiques et violences verbales ainsi que 10 proches ou avocats des personnes ayant rapporté des abus de la part de la police, des militaires en patrouille ou des autorités pénitentiaires.

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