Ministère de la Jeunesse et des sports: Ce qui attend Rachid Alami Talbi

Ministère de la Jeunesse et des sports: Ce qui attend Rachid Alami Talbi
Rachid Alami Talbi hérite du maroquin chargé de la Jeunesse et du Sport. Du pain sur la planche pour Rachid Alami Talbi qui ne s’attendait pas à cette nomination qui ne cadre pas avec son profil.
Hormis sa dilution dans la Primature entre 2003 et 2007, le secteur du sport est depuis deux décennies l’apanage de ministres issus de deux partis: le RNI (Rassemblement National des Indépendantistes) et le MP ( Mouvement Populaire). Deux partis qui à l’instar des autres, tous les autres, n’ont pas de vision sociétale en matière de sport. Il en va de même pour l’État qui personnalise la chose publique du sport. Que pourrait donc faire un ministre en l’absence d’une stratégie multidimensionnelle étatique pour booster le développement du sport?
Voilà la vraie et la grande question qu’on esquive souvent.
Mais ce qui attend Rachid Alami Talbi au ministère de la Jeunesse et des sports, c’est d’avoir le courage politique pour se battre pour que le ministère dont il a la charge soit une véritable puissance publique qui joue son rôle de régulateur régalien. Loin des surenchères et des considérations politiciennes!
Et pour ne pas faire fausse route, Rachid Alami Talbi doit réguler le ministère de la Jeunesse et des sports en commençant par son assainissement et plus particulièrement au niveau de la Direction du Sport regentéé par un ingénieur-paysagiste!
Rachid Alami Talbi doit éviter les mesurettes prises par ses prédécesseurs qui s’étaient avérées du rapiéçage pur et simple.
L’essentiel consiste d’autant plus à militer pour décréter un plan de développement du sport par le biais du Conseil du Gouvernement et in fine par le Conseil des ministres en se référant à la Lettre Royale sur le sport, les recommandations du Grenelle de Skhirat et les dispositions telles qu’elles ont été légiférées dans la Constitution: Articles 26, 31 et 33.
Procéder à la refonte de la Loi 30-09 sur le sport est l’un des grands chantiers sur lequel doit s’atteler le nouveau ministre de la Jeunesse et des sports. Sur ce point, il n’est pas question uniquement d’absence de référence et/ou de valeur constitutionnelle en vertu de la Constitution du Royaume mais de dissiper les nombreuses incohérences.
Revoir aussi les conventions d’objectifs signées avec les fédérations sportives tout en les habilitant et en assurant un vrai management pour des résultats probants. Et en ces temps de régionalisation avancée, Rachid Alami Talbi se doit d’astreindre les fédérations sportives à déconcentrer certaines de leurs compétences dans le cadre du principe de la subsidiarité. Des fédérations dont les deux tiers fonctionnent sans ligues régionales.
Le dossier du dopage est l’un des grands problèmes qui rongent la pratique du sport au Maroc. Rachid Alami Talbi est attendu sur ce dossier en promulguant la loi relative à la lutte contre le dopage et ses textes d’application voire à mettre en place l’Agence Nationale de Lutte contre le Dopage.
Les chantiers qu’il faut ouvrir pour réguler le secteur du sport et le moderniser pullulent. Rachid Alami Talbi ne saura à lui seul booster le développement du sport si l’État ne l’accompagne pas. Comme quoi les ministres se suivent et se ressemblent et le sport au Maroc demeure en jachère pour ne pas dire en rade! Attendons donc la Déclaration du nouveau gouvernement devant le Parlement pour revenir sur d’autres détails.

 

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