Mobilité dramatique à Casablanca: Absence de bus, absence de vision…

Les Casablancais qui vivent le calvaire de la mobilité en l’absence des bus peuvent s’estimer heureux. Pour une fois, ils peuvent constater de visu que les « missiles roulants » avec leurs trainées noirâtres font moins de dégât à l’environnement casablancais chargé par un trop plein de C02 et autres particules hautement nuisibles à la santé du vivant.Mais cette trêve ne sera que de courte durée. Puisque le choix a déjà été fait par la mairie de la métropole sur le nouveau délégataire du transport en commun. Lequel est appelé à lancer, dès 2020, à même les artères casablancaises, toute une escouade de nouveaux bus pas du tout éco-friendly.
Pourtant, la nouvelle société choisie, Alsa en l’occurrence, n’est pas avare en terme d’expertise en matière de mobilité « durable ».
Des bus électriques roulent, par exemple, à Marrakech.

Pourquoi le Maire de Casablanca n’a-t-il pas fait de dupliquer un tel choix pour Casablanca ?

La question mérite d’être soulevée à l’heure où d’aucuns cherchent à vendre, pompeusement, le concept par trop racoleur, d’une « smart city ».
L’intelligence voudrait, en effet, que les gestionnaires de la chose locale aient une vision pour l’espace qu’ils administrent.
Un bus diesel aussi neuf soit-il n’en dégage pas moins de C02… Cela sans parler de la vétusté qui finira bien par rattraper le parc dans son ensemble, l’œuvre du temps étant incompressible. Plus, ils devraient être les premiers à se soucier de l’état de santé de leurs administrés pour lesquels l’Etat mobilise des deniers publics de plus en plus rares pour atténuer un tant soit peu leur souffrance physique.
Les pneumologues peuvent leur être d’un grand secours s’ils ignorent les dégâts que causent les particules à la santé des Casablancais. Plus, qu’ils demandent aux oncologues ce que charrie la pollution atmosphérique…

Mais il est vrai que l’affaire n’est pas du seul ressort de la Mairie. La Wilaya a son mot à dire, là dessus. Ce prolongement local de l’Intérieur devrait gérer les urgences autrement que par le recours aux solutions de facilité. La mise en circulation des bus dans une métropole qui a mal à sa mobilité ne relève pas de la révolution copernicienne. Par conte, dégager un bon compromis qui allie et mobilité et sauvegarde de l’environnement est encore mieux !

En attendant, n’est-il pas aussi urgent de gérer autrement le stress de la circulation à Casablanca. En interdisant, par exemple, la circulation de jour des gros camions.
En attendant de « copier » les « best practices » qui relèvent de l’évidence ailleurs.
Les espaces d’éclatement des marchandises devraient se situer, tous, hors du périmètre urbain. De quoi donner du tonus à la vente de camions de faible tonnage capables de se faufiler dans les ruelles sans créer de bouchons monstres. Mais aussi de l’emploi.

En attendant, on enfume les Casablancais avec les tares de l’ancien contrat conclu avec un délégataire défaillant. Et on loue les bienfaits du nouveau « business plan » mis en branle. Quel gâchis !

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