Monde du travail: Une nouvelle stratégie pour l’emploi s’impose, plaide l’OCDE

Monde du travail Une nouvelle stratégie pour l’emploi s’impose, plaide l'OCDE
Monde du travail Une nouvelle stratégie pour l’emploi s’impose, plaide l'OCDE

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) appelle les pouvoirs publics à redoubler d’efforts pour aider les travailleurs et les entreprises à s’adapter aux mutations rapides du monde du travail et soutenir la croissance inclusive. Les nouvelles données présentées dans un nouveau rapport de l’organisation montrent que les pays qui s’emploient à promouvoir la quantité et la qualité des emplois ainsi que l’inclusivité, comme le Danemark, l’Islande, la Norvège ou la Suède, enregistrent de meilleurs résultats que ceux qui s’attachent principalement à la flexibilité du marché du travail. Si flexibilité et capacité d’adaptation sont essentielles pour favoriser la création d’emplois de qualité dans un environnement toujours plus dynamique, les avantages et les coûts que cela représente doivent être partagés équitablement entre les entreprises et les travailleurs, selon l’OCDE. Dans ce sens, et pour  le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría : « Les pays doivent intensifier leurs efforts pour adapter les politiques et les institutions aux défis liés à la transformation rapide du monde du travail ». En effet, les progrès technologiques, la mondialisation et l’évolution démographique sont certes sources de nombreuses opportunités inédites, mais celles-ci ne profitent pas à tous : les décideurs doivent porter leur effort sur l’accompagnement de ceux qui risquent d’être mis à l’écart, au moyen de politiques ciblées en matière d’éducation, de formation, d’emploi et de protection sociale, qui s’inscrivent dans le cadre de stratégies pour l’emploi conçues pour ne laisser personne de côté. Aussi, les recherches les plus récentes de l’OCDE montrent notamment que près de la moitié des emplois risquent fortement d’être automatisés ou de subir d’importants changements. La nouvelle Stratégie pour l’Emploi de l’OCDE considère qu’une réorientation s’impose en faveur de politiques préventives plutôt que correctives, afin d’améliorer simultanément l’efficience et l’équité. Les règles de fixation des salaires et le système d’imposition et de prestations peuvent être associés pour rendre le travail financièrement attractif et protéger les travailleurs plutôt que les emplois. Les pays doivent investir dans un système d’enseignement et de formation efficace, qui dote les travailleurs des compétences requises par les employeurs, et leur offre la possibilité et l’incitation de se former tout au long de leur vie active. Les partenaires sociaux ont aussi un rôle déterminant à jouer en favorisant l’inclusivité, en protégeant les travailleurs et en mettant en place des systèmes efficaces de négociation collective. La Stratégie met l’accent sur la progression des différentes formes d’emplois atypiques, y compris des emplois temporaires et du travail indépendant. Même s’il ne représente actuellement qu’un faible pourcentage des emplois, le travail à la demande (« gig work ») progresse lui aussi et pourrait se développer considérablement dans un avenir proche. La difficulté pour les autorités consiste à accompagner l’innovation en matière de création et d’utilisation de modalités d’emploi atypiques tout en évitant les abus, en instaurant des conditions de concurrence équitables pour les entreprises, et en offrant une protection adéquate à tous les travailleurs. Les formes d’emplois atypiques étant appelées à se développer, les responsables publics doivent veiller à ce que chacun ait accès à la protection sociale et soit couvert par les principales réglementations du marché du travail, indépendamment de son contrat de travail ou du type d’emploi qu’il occupe. L’efficacité de la protection sociale peut être renforcée en élargissant sa couverture, et en adaptant les régimes existants ou en créant de nouveaux dispositifs spécifiques, conformément au principe d’une protection sociale minimale universelle, tout en encourageant la portabilité des prestations. Il faut également renforcer l’égalité des chances de manière à ce que le milieu socioéconomique d’origine ne soit pas le facteur déterminant de la réussite sur le marché du travail, y compris au moyen d’interventions ciblées pendant la (pré)scolarité et durant le passage des études à la vie active. Il convient d’adapter les conditions de travail pour que les individus puissent concilier plus facilement leurs obligations professionnelles, familiales et sociales, ce qui débouchera sur une hausse du taux d’activité des femmes comme des hommes, ainsi que sur une réduction des inégalités entre les sexes et une baisse du risque de pauvreté et d’exclusion.

 

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