Montée en puissance russe et chinoise : La suprématie US remise en cause…

Montée en puissance russe et chinoise : La suprématie US remise en cause…
Montée en puissance russe et chinoise : La suprématie US remise en cause…

Lorsque la RAND Corporation, prestigieux think tank californien lié à l’USAF se déplace à Washington pour dévoiler un rapport sur des simulations d’une Troisième Guerre mondiale au Center for a New American Security (CNAS), autre  think tank  néocon, c’est toujours un événement qui fait le bonheur des médias. Mais pas que…

Le 7 mars dernier, la RAND a dévoilé divers scénarios mettant les USA dans une extrême crise contre la Russie ou contre la Chine. Tous les résultats convergent vers une seule et même conclusion : l’Amérique sera défaite.  « Dans nos simulations, lorsque nous affrontons la Russie et la Chine, les Bleus  [les USA]  se font péter le cul », a lâché crument l’analyste David Ochmanek. « Nous perdons beaucoup de gens, nous perdons beaucoup d’équipements. Nous n’atteignons généralement pas notre objectif d’empêcher l’agression de la part de l’adversaire », devait-il préciser à un parterre médusé.

Car face à une Russie et/ou à une Chine qui développent des chasseurs de cinquième génération et des missiles hypersoniques, « nos éléments reposant sur des infrastructures de base sophistiquées, telles que des pistes et des réservoirs de carburant, vont connaître de graves difficultés », a rappelé D. Ochmanek. Et d’ajouter que même « les unités navales de surface vont également connaître de graves difficultés.»

En dépit des capacités du F-35 lorsqu’il parvient à se mettre en position de combat aérien, les USA voient s’éroder ce qui faisait leur puissance : l’Air Dominance. A cela s’ajoute aussi l’amenuisement de la capacité de projection de la puissance US, assurée par les flottes, avec notamment le retrait du porte-avions USS Truman, à défaut de sa refonte de mi-vie s’il reste en service (un travail très complexe, coûteux et long : 2024-2028). La RAND traduit le souci exprimé par la Navy en estimant trop grand le danger que représentent les armes hypersoniques pour les porte-avions qui expriment la puissance stratégique US. Autre exemple des insuffisances mises en avant par les experts de la RAND est lié à la couverture anti-aérienne des forces terrestres. « L’US Army compte 58 brigades de combat mais ne dispose d’aucune capacité de défense anti-aérienne et antimissile pour les protéger contre des attaques de missiles venues de la Russie », note le think tank. Une réalité en contraste avec celle des Russes, qui intègrent dans leurs forces terrestres des unités de défense anti-aérienne chargées de la protection des forces en campagne. C’est d’ailleurs autant une question de moyens qu’une question structurelle et même psychologique. Les forces armées US ont toujours fonctionné depuis 1945 selon le principe qu’elles disposaient d’une totale domination aérienne qui jouaient un rôle d’interdiction quasi-impénétrable. Cette situation est très largement mise en cause aujourd’hui, notamment avec les progrès russes en matière d’A2/AD («  [Z]ones dite A2/AD, ou Anti-Access/Area-Denial ; c’est-à-dire des sortes de No-Fly-Zone pour l’aviation ennemie, du fait des moyens russes parfaitement intégrés de détection, de brouillage et de contrôle électroniques, et de destruction, qui transforment toute incursion aérienne ennemie dans ces zones en un risque inacceptable »).

La RAND qui s’attend à ce que l’équilibre des forces, favorable aujourd’hui aux USA, ne soit compromis que dans 10 à 20 ans, invite à accélérer la cadence de la modernisation des divers corps de l’US Army. En y injectant les fonds nécessaires : 24 milliards de dollars supplémentaires… Dans le court terme, « ni la Chine ni la Russie ne sont prêtes » à la guerre « parce que leur effort de modernisation n’est pas encore terminé ». Dès lors, assurent les experts de la RAND, « aucun grand conflit majeur n’est à craindre avant 10 à 20 ans. »

Avec un budget en augmentation de 4,7%, le Pentagone disposera de 750 milliards « officiels », alors que l’on songe déjà à 1 200 milliards annuels si les divers autres postes gouvernementaux et autres budgets « secrets » qui intègrent le renforcement militaire sont pris en compte. Pour rappel, dans le nouveau budget du Pentagone, l’organisation chargée des opérations d’intervention (d’urgence) à l’étranger passe d’un budget de 69 milliards de dollars en 2019 à un budget de 164 milliards en 2020… WSWS.org explique le poids des Opérations d’Urgence Outremer (Overseas Contingency Operations, – OCO). Ces interventions rappellent celles déjà réalisées en Afghanistan, en Irak et en Syrie, mais aussi la guerre des drones à l’échelle plus large du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, ainsi que les forces US déployées en Europe aux frontières de la Russie (Initiative de Dissuasion Européenne).

Tous les habillages « idéologiques » peuvent dès lors être imaginés pour aller au clash avec les puissances déjà établies que sont la Russie et la Chine. Y compris la première frappe « nucléaire » à laquelle s’accroche l’état-major US… Serait-ce pour cela que Washington a fait tout le raffut  autour du traité FNI (armées nucléaires intermédiaires) que Moscou aurait violé ?

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