« Mort cérébrale » de l’Alliance atlantique: Réactions mitigées au diagnostic de Macron
« Mort cérébrale » de l’Alliance atlantique: Réactions mitigées au diagnostic de Macron

Prié de s’exprimer sur la déclaration de Macron quant à la «mort cérébrale» de l’Otan, le Kremlin a expliqué que les responsables russes n’étaient pas «des médecins légistes» pour décider quelles parties du «corps [de l’Otan étaient] en état comateux», Moscou ayant toujours vu l’Alliance comme «un instrument de confrontation, voire d’agression».

«Si l’Otan est morte ou vivante et quelles sont les parties de son corps en état comateux, ce n’est pas à nous de le décider, nous ne sommes pas des médecins légistes», a souligné Dmitri Peskov, porte-parole du Président Poutine.
Dans ce contexte, il a rappelé que l’Otan avait été initialement mise en place comme un instrument de confrontation.
«Disons que l’Alliance a été étudiée pour des objectifs de confrontation. Par conséquent, nous n’avons jamais été enclins à exagérer son rôle dans la garantie de la sécurité globale et européenne, de la stabilité, puisque c’est un instrument de confrontation, d’affrontement, voire d’agression. Telle est notre attitude envers l’Otan», a-t-il ajouté.
De son côté, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, a fait remarquer que si le Président de la République «sentait que ce diagnostic était manifeste, il avait pleinement le droit de l’énoncer».
Dans son interview à « The Economist », Emmanuel Macron, qui avait précédemment prôné la création d’une armée européenne, a affirmé que l’Otan était en état de « mort cérébrale », justifiant sa déclaration par le désengagement américain vis-à-vis de ses alliés de l’Otan et du comportement de la Turquie, membre de l’Alliance.
Selon lui, «ce qu’il s’est passé est un énorme problème pour l’Otan».
Il faut «clarifier maintenant quelles sont les finalités stratégiques de l’Otan», a-t-il souligné.

À contrario, le secrétaire général de l’Alliance atlantique, a assuré pour sa part que l’Otan reste une alliance forte et les actions conjointes des États-Unis et de l’Europe continuent de renforcer la défense collective.
Intervenant jeudi 7 novembre à Berlin lors d’une conférence de presse conjointe avec la chancelière allemande, Jens Stoltenberg, a fait écho à Angela Merkel en contestant le diagnostic établi par le chef de l’Elysée.
«Je suis d’accord avec la chancelière Angela Merkel. L’Alliance est forte et les États-Unis, l’Amérique du Nord et l’Europe, nous faisons ce que nous avons toujours fait pendant des décennies. Nous avons accompli le renforcement de notre défense collective, le plus important depuis l’époque de la guerre froide. Nos alliés européens augmentent l’état de préparation de leurs forces en investissant davantage dans la défense. Les États-Unis accroissent leur présence en Europe», a-t-il réagi aux propos d’E. Macron.

Selon le chef de l’Otan, «la réalité consiste en ce que nous faisons toujours davantage ensemble, nous avons renforcé la défense en réponse à une situation de plus en plus imprévisible dans le monde».
«La situation en Syrie nous préoccupe tous. Les alliés organisent des consultations régulières sur ce sujet dans le cadre de l’Otan. Il est clair que les alliés ont des points de vue différents, mais nous sommes d’accord sur le fait qu’il ne faut pas torpiller les succès enregistrés au cours de notre lutte contre Daech, notre ennemi commun», a-t-il déclaré aux journalistes.

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