« Mort cérébrale » de l’OTAN J. Stoltenberg en quête d’électrochoc à Paris
« Mort cérébrale » de l’OTAN J. Stoltenberg en quête d’électrochoc à Paris

Le Président de la République a reçu jeudi le secrétaire général de l’Otan après les remous provoqués par ses propos sur la «mort cérébrale» de l’Alliance.

Jens Stoltenberg, chef de l’organisation militaire s’est rendu à Paris pour discuter avec le chef de l’État français après les propos que celui-ci a tenu sur «l’état de mort cérébrale» de l’institution.
Cette entrevue intervient également avant le sommet de l’Alliance atlantique des 3 et 4 décembre.

Dans une interview à The Economist publiée début novembre, le chef de l’État français a décrit un Otan en état de «mort cérébrale», des propos qui ont provoqué une onde de choc et relancé le débat sur le devenir et la finalité stratégique de l’organisation, déjà sous le coup des critiques répétées de Donald Trump.
E. Macron s’est dit prêt à réexaminer les «modalités d’intervention» de la France au Sahel et a souhaité une «plus grande implication des alliés» contre le terrorisme dans la région.
«Le contexte que nous sommes en train de vivre au Sahel nous conduit aujourd’hui à regarder toutes les options stratégiques», a déclaré l’hôte de l’Elysée après avoir reçu J. Stoltenberg.

Pour rappel, la sortie d’E. Macron avait mis en émoi les principaux partenaires de la France en Europe et ailleurs.
En Allemagne, Angela Merkel, qui s’est exprimé la veille devant les députés Outre-Rhin, avait mis en lumière un «rempart contre la guerre», en assurant que l’OTAN garantissait «la liberté et la paix» depuis 70 ans et ce, en grande partie grâce «à nos amis américains». «Il est dans notre intérêt de préserver l’OTAN, plus que pendant la guerre froide», a-t-elle fait valoir, arguant que l’Europe ne «peut pas se défendre seule pour le moment».
«Nous dépendons de l’Alliance transatlantique. Il est important que nous travaillions pour cette Alliance et que nous assumions davantage de responsabilités», a-t-elle ajouté.
A. Merkel a par ailleurs promis que son pays atteindrait l’objectif de l’Alliance atlantique en termes de dépenses militaires, fixé à 2% du PIB, au «début de la décennie 2030», alors que les Etats-Unis critiquent régulièrement un manque d’investissements dans ce domaine de la part de l’Allemagne malgré des excédents budgétaires.

La veille, c’est Heiko Maas, ministre allemand des Affaires étrangères, qui avait pris la parole pour soutenir l’alliance, dans une réponse à peine voilée aux propos du chef de l’Etat français. «On peut dire, à juste titre, que l’OTAN est en vie», avait-il indiqué, soulignant que l’organisation demeurait cruciale pour la sécurité et qu’elle devait être développée davantage, d’après des propos repris par l’agence Reuters.

Le New York Times avait mis en ligne, le 23 novembre, un article rapportant un échange tendu (que la chancelière dément avoir tenu) qui se serait déroulé le 10 novembre dans la capitale allemande en marge des célébrations des 30 ans de la chute du Mur de Berlin, entre E. Macron et A. Merkel.
Selon le quotidien américain, la chancelière aurait tancé son homologue français:
«Je comprends votre désir d’une politique de rupture […] mais j’en ai assez de ramasser les morceaux. Encore et encore, je dois recoller les bouts de tasse que vous avez cassés pour qu’on puisse ensuite s’asseoir et prendre une tasse de thé ensemble.»
Début novembre, A. Merkel avait déjà critiqué l’analyse d’E. Macron sur l’organisation, tout comme D. Trump et Recep Tayyip Erdogan, parlant d’un «jugement intempestif» et de «termes radicaux».
Paris et Berlin ont récemment proposé la constitution d’un comité d’experts présidé par Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN, afin de renforcer le processus politique au sein de l’alliance militaire.

En matière de défense européenne, «l’UE et l’OTAN sont complémentaires, ne sont pas rivales», a déclaré Ursula von der Leyen, à la presse, peu après avoir obtenu l’investiture à la présidence de la Commission européenne par les eurodéputés à Strasbourg.
«L’OTAN est certainement la plus forte alliance militaire dans le monde et l’Union européenne ne sera jamais une alliance militaire, elle est complètement différente», a ajouté l’ancienne ministre allemande de la Défense, semblant donc compromettre l’idée d’une «Europe de la Défense» défendue par président français.

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