#MosqueMeToo: La révolution des houris

#MosqueMeToo: La révolution des houris

Les femmes arabes sont décidées à balancer les porcs. Car rien n’est bon dans les cochonneries tues dans les lieux de culte, là où bien des préposés à la veille sur la pureté de l’âme se souillent en violant leurs victimes. Que de scandales ont éclaté dans nombre de mosquées bien de chez-nous. Lorsque des « foukaha » sont surpris en flagrant « délice » de fornication et traduits devant la justice, c’est que les notions du sacré et du profane ne se présentent plus comme des droites parallèles (condamnées à ne pas se rencontrer), mais se mélangent en une maladroite gestion de l’impulsion sexuelle primaire. Même la pédophilie qui fait œuvre de contrition au niveau de l’Eglise fait écho en terre d’islam quand bien même la culture du coming out n’y est point bien assise.

Un voile s’est déchiré en ce 6 février dans l’espace arabo-musulman. Lorsque les dénonciations de harcèlement et de violences sexuelles faites aux femmes ont démarré sous l’impulsion de la journaliste féministe américano-égyptienne Mona Eltahawy. « J’ai partagé mon expérience d’agression sexuelle pendant le Hajj en 1982 alors que j’avais 15 ans dans l’espoir que cela aiderait les musulmanes à briser le silence et le tabou qui entourent leur expérience de harcèlement ou d’agression sexuelle pendant le Hajj/Omra ou dans des lieux sacrés », explique-t-elle sur Twitter, avant d’inviter les personnes à utiliser à leur tour le hashtag #MosqueMeToo pour rendre compte d’expériences similaires. Retweeté 320 fois seulement, le hashtag est devenu, pourtant, viral. Des témoignages de femmes affluent ces derniers jours sur le réseau social, rendant comptes d’abus sexuels, qu’il s’agisse de harcèlement ou d’agressions physiques, parfois au sein même des lieux saints, avec quelque 6000 tweets, assure France Info, alors que   la BBC note que la majorité des témoignages proviennent de la région perse.

Faut-il s’étonner de cet étalage qui, fort malheureusement, essuie les foudres de ceux qui veulent cacher à l’infini les drames qui ont cours jusque dans les lieux Saints de l’islam où les pèlerins sont supposés se laver de leurs péchés ? La bataille ne fait que démarrer. Et il serait anormal que le Maroc ne se joigne pas à cette campagne quand bien même la culture ambiante serait empreinte de cette dimension prude qui consiste à fermer les yeux sur des tares à dénoncer.

En Arabie, nul besoin de rappeler que bien des tabous sont en train d’être démantelés dans un élan de courage peu commun. Les médias osent, enfin, parler de la prostitution qui fait des ravages parmi les Saoudiens. Rien de plus normal non plus à ce que ces tares aient été dénoncées par des romanciers qui depuis endurent les pires récriminations dans une société où le rigorisme est érigé en ligne de conduite. Abdou Khal n’est que l’exception à la règle générale…

 

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