Offensive de la coalition saoudienne Riyad au Yémen: Des ONG françaises appellent Paris à réagir

Offensive de la coalition saoudienne Riyad au Yémen: Des ONG françaises appellent Paris à réagir

Depuis quelques jours, des forces pro-gouvernementales yéménites, appuyées par les Emiratis et les Saoudiens, ont lancé leur offensive sur le port stratégique de Hodeida, par lequel entre l’essentiel des importations du pays et de l’aide internationale.

Le même jour, une quinzaine d’organisations humanitaires, dont la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), ont écrit une lettre au président français pour l’exhorter à faire pression sur les Saoudiens et les Emiratis, membres de la coalition arabe impliquée dans la guerre au Yémen, au sujet de la situation dramatique de la population de ce pays. Pour ces organisations, il est «inconcevable de maintenir» la conférence humanitaire sur le Yémen prévue le 27 juin à Paris et co-organisée avec l’Arabie saoudite, alors même que le royaume wahhabite et ses alliés mènent une attaque sur le port d’Hodeida.

Qualifiant d’un côté la situation au Yémen de « drame humain » et signant de l’autre main des contrats d’armement juteux avec l’Arabie saoudite, la France joue un double jeu dans cette guerre aux conséquences humaines tragiques. Amnesty International avait mis en cause les livraisons d’armes françaises à l’Arabie saoudite, à l’origine, selon elle, de graves violations des droits de l’Homme dans le cadre de ce conflit. Selon un rapport parlementaire de 2017 sur les exportations d’armement de la France, le royaume wahhabite était entre 2007 et 2016 le second client des fabricants d’armes français.

L’attaque nouvelle de la coalition menée par l’Arabie saoudite sur Hodeida vient aggraver la crise humanitaire extrême dans laquelle le pays en guerre est plongé. Ce port, indispensable à la sécurité alimentaire du Yémen, a été sous blocus de la coalition pendant plusieurs mois pour, officiellement, empêcher les rebelles houthis d’importer des armes. Sous la pression internationale, l’Arabie saoudite avait levé le blocus, mais renforcé les inspections de navires, ce qui ralentissait le fonctionnement du port. A tel point que des aliments pourrissaient avant même d’atteindre la terre ferme.

Le 25 mai, l’ONU exhortait la coalition dirigée par Royad à accélérer les importations de nourriture et de carburant, avertissant que 10 millions de Yéménites supplémentaires pourraient être menacés de famine avant la fin de l’année. Des exigences auxquelles ne se sont pas pliés les Saoudiens et leurs alliés.

Depuis 2015, un conflit fait rage entre d’une part le gouvernement yéménite, soutenu par la coalition de Riyad, armée et soutenue, notamment, par les Etats-Unis et la Royaume-Uni, et d’autre part des combattants rebelles houthis, proches de l’Iran. La coalition est intervenue militairement au Yémen en 2015 pour restaurer le gouvernement qui avait été chassé de la capitale Sanaa par les rebelles. Les bombardements saoudiens ont fait près de 10 000 morts et plus de 55 000 blessés, selon l’Organisation mondiale de la santé. Plus de 2 200 autres personnes sont mortes du choléra.

 

Sans craindre les contradictions, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a rappelé le 11 juin que l’aide internationale au Yémen devait continuer à passer par le port de Hodeida, mais il n’a pas mis en garde les Emiratis et les Saoudiens contre une éventuelle offensive sur la ville, alors que l’offensive était imminente. Martin Griffiths, le médiateur de l’ONU pour le Yémen, menait pour sa part début juin d’«intenses négociations» avec les Houthis, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis afin d’«éviter une confrontation militaire à Hodeida».

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