Pas de visa de BCE pour la nouvelle loi électorale: Le Président rebat les cartes…
Pas de visa de BCE pour la nouvelle loi électorale: Le Président rebat les cartes…

Béji Caïd Essebsi a tenu deux semaines durant la Tunisie en haleine, pour finalement déjouer tous les pronostics en ne signant pas la nouvelle loi électorale. Les partis de la coalition gouvernementale promoteurs du texte validé par l’Assemblée, relancent le débat sur l’aptitude du président à gouverner.

Le locataire de Carthage fait de la résistance.
Il a pris tout le monde de court en ne ratifiant pas les amendements apportés à loi électorale.
Béji Caïd Essebsi (BCE) a choisi de jouer serré la partie exprimant de la sorte son refus de valider un texte controversé puisque mettant à la touche une partie des candidats des scrutins législatifs du 6 octobre et présidentiel du 17 novembre.

Pour Noureddine Ben Ticha, conseiller politique du président tunisien, « le chef de l’État ne peut agir contre ses principes », a-t-il expliqué à l’agence officielle TAP.
C’est donc l’ancien Code électoral qui restera donc en vigueur, alors que le dépôt des listes de candidats aux législatives débute lundi 22 juillet.
Une situation qui s’explique par l’absence de la Cour constitutionnelle.
En effet, la loi fondamentale ne prévoit pas le cas du dépassement de délais – comme le faisait la Constitution provisoire dont s’était dotée la Tunisie en 2011.
Seule la Cour constitutionnelle a donc le pouvoir de trancher.
Devant ce fait accompli, assimilé à un fait de prince, les partis de la coalition gouvernementale crient au non-respect de la Constitution.

Convalescent depuis son « grave malaise » du 27 juin, BCE avait ratifié dans les temps, vendredi 5 juillet, le décret de convocation du corps électoral.
Depuis, il s’est éclipés, laissant libre cours à toutes les conjectures sur l’aboutissement de la loi électorale polémique adoptée le 18 juin.
Depuis vendredi à minuit, date limite de publication de la loi, les partis qui ont soutenu ce projet – majoritaires au Parlement – ont lancé une virulente offensive contre BCE. Ennahdha et Tahya Tounes évoquent une « menace à la stabilité de l’État » et demandent à l’Assemblée de se réunir pour prendre position, relançant le débat sur l’activation de l’article 84 prévoyant la vacance du pouvoir.

En jouant avec une certaine lecture de la Constitution, le chef de l’Etat démontre que le président, malgré ses prérogatives réduites, reste dans certaines circonstances, le maître du jeu.
Sa décision, apparentée par certains à de l’inertie, met les partis face à leurs contradictions, en les tenant pour responsables du blocage de la Cour constitutionnelle.
Effet secondaire, le président retrouve aussi une certaine popularité, allant dans le sens des 62 % des Tunisiens qui rejettent cette loi électorale.
Ce précédent juridique lui permet aussi de redistribuer les cartes pour les législatives tout en rabattant le caquet à ses détracteurs.

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