Le secrétaire général d’Amnesty international Maroc, Mohamed Sektaoui, a souligné que l’ONG a été interdite d’observer un sit-in programmé, mercredi 10 avril, dans le cadre de son plaidoyer pour l’abolition de la peine de mort. La manifestation victime de cette « première interdiction du genre », intervenait quelques heures après la présentation, dans la matinée, par Amnesty international de son rapport annuel sur la peine de mort dans le monde.

Le sit-in prévu devait s’accompagner de représentations de théâtre de rue animées par des jeunes. « Nous avions l’habitude d’organiser ces spectacles pour défendre de manière artistique notre cause. C’est ce que nous avions d’ailleurs fait plus d’une fois de la même façon et au même endroit », précise M. Sektaoui, regrettant que ce sit-in n’ait pas eu lieu. « Face aux représentants des autorités, nous leur avons assuré que nous nous conformons au respect de la loi, en leur demandant de nous délivrer la décision d’interdiction écrite et justifiée conformément à la pratique légale dans ces situations », affirme-t-il. « C’est une violation de la constitution marocaine, des conventions internationales ratifiées par le Maroc et de ses engagements pris pour le respect des droits de l’homme », assure-t-il.

Pour ce représentant d’Amnesty International, si cette interdiction n’était pas attendue, elle n’est pas pour autant « une exception » puisqu’elle « rentre dans le cadre d’un contexte de répression que connaissent les libertés publiques au Maroc à travers l’interdiction de rassemblements pacifiques ou encore les interventions démesurées des forces de l’ordre… Nous sommes dans une phase de dépression », soutient-il.

Une situation qui, pour l’ONG, laisse présager du pire. Depuis que des chercheurs d’Amnesty International ont été empêchés d’entrer au Maroc.

Le gouvernement est appelé, assure-t-il, à « donner des preuves tangibles de son engagement envers les droits de l’homme par la poursuite des réformes dans ce domaine et en construisant l’avenir sur la base des acquis de son expérience en matière de justice transitionnelle ». Le SG d’Amnesty Maroc fait référence, bien sûr, à « la levée de la répression à l’encontre des militants et des associations des droits de l’homme », mais aussi « l’ouverture de l’espace public à tous pour les rassemblements pacifiques et la liberté d’expression ».

Pour rappel, 93 personnes étaient sous le coup d’une condamnation à la peine capitale dans le Royaume l’année dernière, soit deux personnes de moins qu’en 2017. Même si aucune exécution n’a eu lieu depuis 1993, rappelle Amnesty, « les tribunaux ont prononcé dix condamnations à mort » en 2018. Cinq de moins que l’année précédente. Le royaume fait également partie des 29 pays où les condamnés ont bénéficié d’une grâce ou d’une commutation, aux côtés de l’Afghanistan, du Soudan, des États-Unis ou encore des Maldives. D’après les données de l’ONG, le Maroc a accordé 5 grâces l’an passé.

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