Perspectives agricoles mondiales: Croissance à risques variables 
Perspectives agricoles mondiales: Croissance à risques variables 

Selon le dernier rapport annuel de l’Organisation pour la coopération économique et le développement et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, la demande mondiale pour les produits agricoles devrait augmenter de 15 % lors de la prochaine décennie tandis que la croissance de la productivité agricole devrait augmenter légèrement plus vite, provoquant ainsi une inflation des prix des principaux produits agricoles qui de leur côté, devraient rester ou légèrement baisser par rapport à leur niveau actuel.

Présenté à Rome aujourd’hui, le rapport de l’OCDE et de la FAO sur les Perspectives agricoles propose cette année une évaluation des perspectives pour le secteur agricole et pour les marchés des produits de la pêche au niveau, national, régional et mondial pour les 10 prochaines années.
Ces Perspectives prévoient de meilleurs rendements et une plus grande intensité de la production grâce notamment aux innovations technologiques qui permettront d’augmenter la production même si l’utilisation des terres agricoles mondiales reste relativement stable.

Les émissions de gaz à effet de serre provenant directement de l’agriculture devraient augmenter de 0,5 pour cent chaque année lors des 10 prochaines années, soit en dessous de la moyenne des 0,7 pour cent enregistrée ces dix dernières années et inférieure aux prévisions concernant le taux de croissance de la production, une situation qui reflète par ailleurs une baisse de l’intensité du carbone.
Mis à part les risques auxquels est confrontée habituellement l’agriculture, de nouvelles incertitudes émergent.
Il s’agit notamment des perturbations issues des tensions commerciales, de la propagation de maladies végétales et animales, de la résistance aux antimicrobiens, des nouvelles réglementations encadrant les techniques phytogénétiques et des événements climatiques extrêmes qui se font de plus en plus fréquents.

L’évolution des préférences alimentaires face aux problèmes de durabilité et de santé et les dispositifs politiques capables de répondre au taux d’obésité en hausse à travers le monde font également partie de ces incertitudes.
En effet, selon le rapport, l’utilisation de céréales pour l’alimentation devrait augmenter de près de 150 millions de tonnes pendant la période concernée – soit une hausse de 13 pour cent – due en grande partie au riz et au blé.

Le facteur le plus important derrière cette hausse de l’utilisation alimentaire de produits de base est la croissance de la population, qui devrait augmenter plus vite en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud.
« Malheureusement, les régions en ayant besoin le plus devraient voir la croissance de leurs revenus ralentir et donc expérimenter très peu d’améliorations au niveau de leur état nutritionnel » a averti Máximo Torero, Sous-Directeur général de la FAO pour le développement économique et social.
Les conclusions du rapport indiquent une baisse de la sous-alimentation dans son ensemble.
« Néanmoins, au rythme d’amélioration actuel, nous serions loin d’atteindre notre objectif Faim Zéro d’ici 2030 » a-t-il ajouté.

De son côté Ken Ash, Directeur pour le commerce et l’agriculture à l’OCDE relève que :
« Le rapport sur les Perspectives indiquent clairement que le commerce est essentiel à la sécurité alimentaire mondiale. Les régions qui connaissent une croissance rapide de la population ne sont pas nécessairement celles où la production alimentaire peut augmenter de manière durable donc il est crucial que tous les gouvernements soutiennent des marchés agroalimentaires ouverts, transparents et stables ».

Le rapport indique également que la consommation de sucre et d’huiles végétales devrait augmenter, reflétant les tendances actuelles qui pointent vers une hausse de la consommation d’aliments plus préparés et transformés, notamment dans de nombreux pays à faible et à moyen revenu qui s’urbanisent rapidement.
Les inquiétudes entourant la santé et le bien-être devraient vraisemblablement pousser les pays à revenu plus élevé à diminuer leur consommation de viande rouge et à s’orienter vers le beurre aux dépens des huiles végétales.
De plus, la demande pour les cultures vivrières devrait dépasser la croissance de la production animale dans les pays où le secteur de l’élevage est en train d’évoluer pour passer des systèmes de production traditionnels aux systèmes de production commercialisés tandis que l’utilisation de denrées agricoles en tant que matières premières pour produire des biocarburants devrait surtout augmenter dans les pays en développement.

Le commerce des denrées agricoles et de celles liées à la pêche devrait se développer d’ici les dix prochaines années (en hausse de 1,3 pour cent), soit moins rapidement que lors des dix dernières années (moyenne de 3,3 pour cent) tandis que la croissance de la demande mondiale d’importations devrait également ralentir.
Du côté des exportations, l’Amérique latine et l’Europe devrait augmenter leurs ventes en direction des marchés étrangers.

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