Le PJD au chevet de l’USFP et du PI: L’union fait la… farce !

Le PJD au chevet de l’USFP et du PI: L’union fait la… farce !
Nos bêtes politiques doivent reconnaître au moins à I. El Omary d’être conséquent avec lui-même. En se plaçant au dessus des tractations actuelles pour la constitution de la majorité gouvernementale, il est à l’aise pour donner libre cours à son laïus. En appelant les formations politiques à enterrer la hache de guerre et à fumer le sebssi de la paix. Ce qui consacrerait ce à quoi il aspire pour le pays : la fin de l’idéologie et des clivages qu’elle charrie dans son sillage. Un prélude à la fin de l’Histoire politique qu’animen des acteurs prompts à s’enflammer pour un « oui » ou pour un « non ».
Jalousé pour cette « paix dans l’âme » qu’il affiche en prévision du rôle d’opposition qu’il entend assumer, pour lui au moins les choses sont des plus claires en matière de « partenariat politique », il avait tôt fait de dire au « non » à tout pacte avec le PJD. Au PAM, on ne compte nullement diner pas avec le diable ! Aux autres invités de circonstance de se presser au banquet des islamistes. L’Istiqlal qui avait osé jeter l’éponge d’une coalition qui battait de l’aile, l’arrivée accidentelle de Hamid Chabat à la tête de cette formation historique aidant, croit utile de jouer la partition de « l’intérêt suprême de la nation » pour justifier son ouverture aux offres pjidistes devant sceller les retrouvailles gouvernementales. L’affaire est entendue. Elle est même logique, idéologiquement parlant, l’Istiqlal étant une formation salafiste dont la présence dans le décorum islamiste ne saurait faire tache incongrue. Mais là où l’esquisse du portrait du prochain Exécutif trouble le regard du plus vif observateur c’est lorsque l’USFP se joint à la curée en s’invitant (la mort dans l’âme ?!) à la table des négociations. Driss Lachgar him self a fait le déplacement au siège du parti de la lampe alors qu’il n’y a pas plus de quelques mois, A. Benkirane invité au siège des socialistes à Rabat, dans le cadre d’un débat « intellectuel » piloté par une fondation ad hoc fut très mal accueilli. Entre-temps, tout un déluge de critiques des plus acerbes avait coulé sous les ponts socialistes, l’obscurantisme étant vomi de la base au sommet… Qu’est-ce qui a fait qu’aujourd’hui les choses ont tellement changé au point de s’accrocher à la main tendue par le PJD pour discutailler des possibilités d’une action conjointe au sein d’un gouvernement ? Dans l’échelle des valeurs du PJD les socialistes ont-ils fini par gagner, enfin, l’estime des islamistes qui, hier encore, n’hésitaient pas à les confondre aux yeux de l’opinion pour apostasie ? D. Lachgar est-il tellement oublieux de l’épisode du débat engagé autour de l’égalité dans l’héritage ? Le tableau est brouillé à n’en point douter à l’heure où l’USFP se coltine l’Istiqlal pour mieux être apprécié aux yeux des islamistes alors que la realpolitik indique qu’entre forces politiques en présence engagées dans la course au gouvernement on ne se fait pas de cadeaux ! Le brouillage est tellement fort que l’on ne saurait le jauger qu’à l’aune d’un réel parasitage de la scène où les valeurs cardinales de toute action politique se retrouvent lessivées par une méforme électorale. Les électeurs de gauche qui ont encore courageusement voté pour l’USFP verront leur enthousiasme se faner irrémédiablement si un des temples de la gauche marocaine décide de se saborder au prix de quelques maroquins. Car ce serait sceller une union qui fait la… farce des électeurs dont la versatilité n’a d’égale que la désaffection. En politique, l’éthique se retrouve si malmenée face au diktat de l’arrivisme à tout prix. Pis, ce serait basculer dans le cynisme dans toute sa laideur. Et que l’on n’oserait pas nous bassiner d’un quelconque compromis historique. Car ce serait-là le signe d’une réelle compromission.
Pour ceux qui l’ignorent encore, le peuple de gauche n’est pas agonisant dans le pays. Il l’a démontré en changeant de boutique. Il peut être mobilisé sur des valeurs dont le pays a cruellement besoin pour vaincre le sous-développement dans lequel il est maintenu. Doit-on susciter des vocations en rappelant aux uns et aux autres que la militance n’a pas encore dit son dernier mot. Aussi bien ici qu’ailleurs. Regardez-voir ce que les masses ont pu livrer comme images iconoclastes en Grèce, en Italie, en Espagne et en Amérique… Songez aux Nuits debout qui défrayent la chronique de l’autre côté de la Méditerranée. La gauche survivra à toutes les capitulations des élites qui se sont effondrées avec la chute du Mur de Berlin. La gauche marocaine peut encore donner des leçons d’union nationale contre l’offensive des forces contre-révolutionnaires qui entendent soumettre le pays au diktat d’un dogme suranné. Le Maroc mérite mieux en ce 3ème millénaire. Encore faut-il se sacrifier pour que les bonnes idées puissent éclore loin de la touffeur d’une pensée hors sol aux relents passéistes.

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