Le PJD en mal de majorité: Les clous de D’joha qui plombent les tractations

Le PJD en mal de majorité: Les clous de D’joha qui plombent les tractations

Abdelilah Benkirane sait qu’il est incontournable dans les négociations pour la constitution du nouveau gouvernement. Son parti a bien scoré lors des législatives pour l’avoir propulsé au rôle de pivot dans les tractations avec les formations politiques susceptibles de gouverner avec lui. Un rôle pivot que consacre la constitution aux dispositions de laquelle le Roi s’est plié en le nommant Chef de gouvernement désigné. Tout cela, les Marocains le savent. Mais ce qu’ils ignorent, c’est les raisons du blocage institutionnel tantôt imputable à l’USFP, tantôt au PAM… Avant que le RNI, avec à sa tête Aziz Akhannouch, ne se transforme en bête noire du PJD et de son leader.
Dans les coulisses, les militants islamistes sont chauffés à blanc par l’atmosphère « empoisonnée » dans lesquelles les tractations ont eu lieu et qui avaient, à un certain moment, conduit nombre d’observateurs à lire dans la main de Benkirane les cartes d’une majorité de gouvernement. Sachant que le leader des islamistes avait une prédilection pour une lecture « traditionnaliste » du champ politique qui lui suggérait de pouvoir gouverner avec les anciens de la Koutla démocratique. Avec un PPS en poche, et un Istiqlal qui a jeté son dévolu son l’incontournable rival islamiste, tout en dénonçant le complot (virtuel ?) auquel il aurait été associé par le PAM (ce que la direction de ce parti nie en bloc) pour isoler le PJD et fomenter une nouvelle majorité susceptible de bénéficier du sceau royal, et une USFP en charpie qui ne demanderait qu’à être de la nouvelle majorité, A. Benkirane aurait pu presser la cadence et constituer une majorité à laquelle se grefferait le Mouvement populaire. Mais cette grille de lecture s’est vite « grillée » devant les hésitations de cette dernière formation d’appoint (qui lorgnerait du côté de la revivification du Wifaq, le RNI et l’UC pouvant influer sur la décision avec un retour au bloc d’antan). Et face aux conditions exprimées par l’USFP qui, du haut de ses 20 sièges arrachés aux législatives, aspire non seulement à disposer de « morceaux de choix » dans le partage des maroquins, mais aspire aussi à placer l’un de ses cadors à la tête du perchoir de la Chambre des représentants. Dans cette configuration là, les socialistes ayant fait valoir plus leur poids symbolique qu’autre chose. Sauf qu’ils ont mal calculé la réaction du chef du gouvernement désigné qui lie politique à l’arithmétique. Du coup, le charme a été rompu avec Driss Lachgar qui aurait noué des liens avec l’ennemi historique des islamistes, le PAM en l’occurrence. Pour arracher le perchoir !
Pour ne pas donner l’impression de celui qui compte trop au point que l’addition politique risque d’être par trop risquée, A. Benkirane s’est détourné des « exigences » socialistes pour ouvrir son cœur au RNI. Lequel a répondu à la sollicitation par une double condition : l’intégration de l’UC d’abord et ensuite l’exclusion de l’Istiqlal de toute majorité. Et c’est bien là où se situe, actuellement, le blocage.
A. Benkirane connaît bien les fables de D’joha pour oser marcher sur les clous qui parsèment, de la sorte, un échiquier politique éclaté entre les ambitions démesurées des uns et les fidélités exemplaires des autres. Du coup, assumant son rôle de pivot incontournable, il tente de baliser la voie aux prétendants en prenant soin de mettre en relief le clou de l’histoire. Sans l’Istiqlal, point de négociations pour une nouvelle majorité.
Que restera-t-il de ces tractations qui, « naturellement », trainent dans le temps ? Un paysage politique semé de clous. D. Lachgar qui a réussi à obtenir le feu vert de la direction socialiste pour « gouverner » avec les partisans de la Confrérie islamiste d’hier, devenus frères aujourd’hui, peut être assuré d’une chose. C’est bien à lui que reviendra la tâche ingrate d’enfoncer le dernier clou dans le cercueil de l’USFP avant de l’ensevelir sous terre. A charge pour le peuple de gauche d’aller voir ailleurs… Rejoignant ainsi la démarche par trop suicidaire du PPS. A. Benkirane doit jubiler à l’idée de voir les citadelles progressistes tomber les unes après les autres. En lui ouvrant, en grand, un boulevard de domination idéologique sans partage. Bref, de quoi assurer au pays de « progresser » en arrière-toute. Dépressif, ce spectacle ? Il faut croire qu’on n’a encore rien vu…

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