Pollution de l’air: L’OMS tire la sonnette d’alarme

Pollution de l’air: L’OMS tire la sonnette d’alarme

 

Face aux impacts sanitaires de plus en plus dramatiques de la pollution de l’air, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui publie ce mercredi 2 mai son bilan le plus complet jamais réalisé sur le sujet, rend grâce aux leaders politiques qui prennent le sujet au sérieux et décident d’agir. L’initiative de la Californie, rejointe par 16 autres États américains et la capitale fédérale, qui portent plainte ce même jour contre l’administration Trump, en est une autre illustration. Comme l’a annoncé son gouverneur Jerry Brown dans un communiqué, « la Californie mène une coalition de 18 États pour poursuivre l’Agence fédérale de protection de l’environnement (EPA) afin de préserver les normes automobiles nationales d’émissions (polluantes) dans l’air ».

Son patron, le climato-sceptique Scott Pruitt entend revenir sur les CAFE (Corporate average fuel economy), ces normes instaurées par l’administration Obama pour une entrée en vigueur en 2022 et déjà atteintes par l’industrie automobile. Cette plainte représente 140 millions d’Américains et 43% du marché automobile.

C’est une évolution inverse qui est à l’œuvre dans l’Union européenne, avec une Commission qui tonne contre les États ne respectant pas les critères de qualité de l’air. C’est ainsi que la France, parmi neuf États membres, a été convoquée à Bruxelles fin janvier par le commissaire en charge de l’Environnement, Karmenu Vella, et menacée d’être renvoyée devant la Cour de justice de l’Union européenne. D’autres pays ont décidé d’agir sur la pollution aux particules fines PM2,5, (au diamètre inférieur à 2,5 micromètres), dont l’OMS recommande la limite annuelle à 10 µg/m³, et PM10 (au diamètre inférieur à 10 micromètres), pour lesquelles elle fixe le plafond à 20 μg/m3. C’est le cas notamment de la Chine, qui a récemment interdit le chauffage au charbon et se convertit à toute vitesse à la voiture électrique, ou encore de Mexico, qui, à l’instar de Paris, a décidé de bannir les véhicules diesel de ses rues à l’horizon 2025.

Mais pour l’heure, la tendance n’est pas à l’amélioration. Avec 4.300 villes étudiées dans 108 pays, soit 1.000 de plus que lors de la précédente édition, l’étude rendue publique ce 2 mai est la plus complète jamais publiée sur le sujet par l’OMS. Elle fait état de 7 millions de morts prématurées dans le monde, contre 6,5 millions en 2016. En cause, essentiellement, la pollution de l’air extérieur (qui a fait 4,2 millions de victimes en 2017 contre 3 millions en 2016), alors que les décès liés à la pollution de l’air intérieur régressaient légèrement (de 4,3 à 3,8 millions). C’est plus que les décès cumulés dus au sida, à la tuberculose, au diabète et aux accidents de la route. Globalement, 90% de la population mondiale respire un air contenant « de hauts niveaux de polluants. » Plusieurs mégalopoles affichent des seuils cinq fois supérieurs à ceux indiqués par l’OMS, notamment New Delhi, Pékin, Shanghai et Mexico.

Cancer du poumon, accident vasculaire cérébral, infarctus, maladies pulmonaires chroniques sont les principales causes de ces décès, qui frappent en premier lieu les plus fragiles. Les jeunes enfants et les femmes, qui continuent de cuisiner et de se chauffer à l’aide d’équipements très polluants fonctionnant au bois ou au charbon, sont les plus touchés. L’Asie du Sud-Est et le Pacifique occidental sont les régions du monde le plus affectées.

Quant à l’Afrique, avec seulement huit pays qui mesurent leurs taux de pollution, elle souffre d’un manque patent de données qui ne permet pas d’évaluer correctement l’ampleur du phénomène.

Afin de sensibiliser au-delà des seuls pays développés les plus équipés en mesures mais les moins touchés, l’OMS organise du 30 octobre au 1er novembre prochain à Genève la première conférence mondiale dédiée à la pollution de l’air et à la santé.

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