Population et Développement: Le HCP calcule contraintes et opportunités
Population et Développement: Le HCP calcule contraintes et opportunités

Le Haut-commissariat au Plan vient de publier le cinquième rapport national sur la population et le développement qui trace les réalisations au cours des cinq dernières années, et ce conformément du au Plan d’Action de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement (CIPD) ratifié il ya 20 ans au Caire.

Au bout d’environ une trentaine d’années, l’accroissement de la population marocaine a connu un important déclin (de 2,6% pendant la décennie 1980 à seulement 1,25% actuellement) grâce à d’importantes améliorations des soins médicaux, aussi bien préventifs que curatifs, et des conditions de vie.
L’accélération de cette transition démographique est renforcée, souligne le Haut commissariat au plan (HCP), par une urbanisation qui ne cesse d’augmenter avec un taux passant de 29,1% en 1960 à 62,4% en 2018.
L’une des implications majeures de cette transition démographique est la modification de la structure par âge de la population marocaine qui a enregistré des changements structurels majeurs.
Ils consistent en un accroissement de la part de la population en âge d’activité 1 dans la population totale passant de 49,9% en 1981 à 62,4% en 2014 et une baisse de la tranche d’âges des moins de 15 ans, qui est passée de 45,6% de la population totale en 1981 à seulement 28,2% en 2014.
La proportion des personnes âgées 2 a connu une relative stabilité ces cinq dernières décennies, passant de 7,2% en 1960 à 9,4% en 2014.
Face à cette situation, le Maroc a opté pour des réformes profondes et des stratégies visant à surmonter les différents défis rencontrés.
De ce fait, la politique de la ville adoptée consiste à lutter contre toute forme d’exclusion sociale et/ou spatiale et à favoriser l’intégration urbaine des populations des quartiers défavorisés par l’emploi, l’accès aux services et aux équipements de proximité. Elle ambitionne également, de développer des villes nouvelles, intelligentes, ouvertes, inclusives, productives, solidaires et durables, et ce afin de soulager la pression sur les grandes villes.
Depuis 2017, une deuxième génération de programmes a été lancée. Il s’agit de la mise en place de programmes de développement qui s’intéressent, en plus des infrastructures et des équipements, à la restructuration des quartiers sous équipés, la protection des villes contre les inondations et la création de projets économiques.

Sur le plan économique, le Maroc a accéléré et continu d’accélérer la transformation structurelle de son système productif dans le cadre de stratégies sectorielles ambitieuses couvrant des secteurs névralgiques de l’économie nationale avec l’objectif de renforcer la cohérence de son modèle de développement et le rendre plus inclusif, notamment sur le plan territorial en hissant les régions du Royaume au rang d’acteurs de développement et d’espace de création des richesses et d’émergence de profils de spécialisation compétitive. Pour faire face aux contraintes liées à l’éducation et le renforcement des capacités, le Conseil Supérieur de l’Education, de la Formation et de la Recherche Scientifique, après une évaluation de la Charte Nationale pour l’Education et la Formation pour la période 2000-2010, a élaboré la vision stratégique 2015-2030 : « Pour une école de l’équité, de la qualité et de la promotion ».
Cette stratégie vise la généralisation d’un enseignement préscolaire obligatoire3, la formation et la qualification des enseignants, l’accès à l’éducation aux personnes à besoins spécifiques, la promotion de l’école rurale, l’amélioration continue du rendement interne de l’École, la généralisation d’un enseignement inclusif et solidaire pour tous les enfants marocains, sans aucune discrimination et la consolidation des efforts pour garantir une scolarité durable qui permet de lutter contre les interruptions, les déperditions scolaires et les redoublements.

Profiter de la fenêtre démographique

Toutefois, souligne le HCP, malgré ces différentes actions politiques qui ont eu certes des impacts directs ou indirects sur la population marocaine, des efforts considérables doivent encore être déployés pour accompagner les changements que connait la démographie et se préparer à ceux prévus dans un avenir proche. Depuis la période 2005-2010, l’évolution du rapport de dépendance affiche une stabilité, autour de 60%.
Autrement dit, une personne active prend en charge moins d’une personne inactive. Ce décalage positif diminuera d’abord, pour amorcer une remontée à partir de 2035-2040, jusqu’à atteindre 70 personnes inactives à la charge de 100 personnes actives à l’horizon de 2050.
L’économie nationale est ainsi appelée à davantage de transformation structurelle pour permettre d’absorber les effectifs croissants de la population en âge d’activité qui s’accroît de presque 400 mille personnes annuellement, alors que seulement 47% de cette population intègre le marché du travail, renvoyant ainsi au problème de l’inactivité, en particulier des jeunes qui devrait constituer une préoccupation pour la préservation de la cohésion et de la stabilité sociales.
La sous-utilisation de l’aubaine démographique se reflète principalement dans le chômage, et particulièrement des diplômés.
Le taux de chômage de ces derniers a atteint 18% et a tendance à être de plus en plus de longue durée. En effet, 51,03% des individus ayant un diplôme des facultés ont une longue durée de chômage (plus de 12 mois), suivis par ceux qui ont un diplôme secondaire soit 42,65%, alors que 86,7% des individus qui n´ont aucun diplôme ont une durée de chômage plus courte (moins de six mois).
Afin de profiter de cette aubaine qui s’offre au Maroc, des efforts sont à déployer surtout à travers une diversification du tissu productif basée sur la valorisation des avantages comparatifs avec l’émergence de nouvelles spécialisations (délocalisation).
Cette diversification reste un élément important dans cette équation qui doit se joindre à un effort d’adaptation des structures productives et du cadre institutionnel à l’exigence du choix de l’ouverture dans un contexte de mondialisation accélérée.
Ces efforts ne peuvent avoir l’effet escompté sans la valorisation du capital humain moyennant une formation en adéquation avec l’emploi et conciliant les défis de la compétitivité et de l’amélioration du niveau de vie de la population et permettant un développement inclusif réduisant les inégalités sociales, économiques et territoriales avant que les défis futurs liés au vieillissement ne prennent de l’ampleur.

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