Premiers raids turcs dans le nord syrien: L’Iran rejette l’option militaire d’Ankara
Premiers raids turcs dans le nord syrien: L’Iran rejette l’option militaire d’Ankara

Mohammad Javad Zarif, chef de la diplomatie iranienne, s’est déclaré contre l’option militaire d’Ankara pour régler la question kurde à l’Est de l’Euphrate et a également appelé au « respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté » de la Syrie.

Ces rappels à l’ordre faits à son homologue turc lors d’une entretien téléphonique n’a pas empêché l’aviation turque de procéder aux premières frappes dans la région alors que l’armée turque avait déployé des unités militaires le long de la frontière pour mener à terme l’opération de nettoyage baptisée « Puits de la paix ».

Critiqué après avoir décidé de laisser le champ libre à une offensive turque contre les forces kurdes dans le nord de la Syrie, le président américain a fait marche arrière lundi, sous la pression internationale et de son propre camp, menaçant la Turquie de représailles si elle dépassait « les bornes ».
« Si la Turquie fait quoi que ce soit dont j’estime, dans ma grande et inégalable sagesse, que cela dépasse les bornes, je détruirai et anéantirai complètement l’économie de la Turquie », a tweeté le président des États-Unis.

Les responsables de son gouvernement se sont de leur côté employés à se démarquer de toute opération militaire d’Ankara et à minimiser le départ des soldats US déployés près de la frontière turque: il ne s’agit que de 50 à 100 membres des forces spéciales qui sont
« redéployés vers d’autres bases à l’intérieur de la Syrie », et en aucun cas d’un « retrait » généralisé.

Car de son côté, la Turquie annonce lundi soir, via son ministère de la défense, que tous les préparatifs pour une éventuelle opération militaire dans le nord-est de la Syrie sont terminés.
La mise en place d’une « zone de sécurité » est essentielle pour contribuer à la stabilité et la paix dans la région, et pour permettre aux Syriens de vivre en sécurité, a ajouté la diplomatie turque sur Twitter.
Un argumentaire que récuse l’Iran qui voit en l’accord d’Adana l’unique solution à même de répondre aux impératifs sécuritaires d’Ankara tout en sauvegardant l’intégrité du territoire syrien.

Dans la foulée d’un coup de fil entre Donald Trump et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, la Maison-Blanche avait pourtant créé la surprise dimanche soir en annonçant le retrait des forces américaines stationnées en Syrie près de la frontière turque.
Elle avait justifié cette décision par le fait que la Turquie s’apprêtait à mettre en œuvre
« son opération prévue de longue date » contre les miliciens kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), pourtant alliées de Washington dans la lutte anti-djihadistes.
« Il est temps pour nous de sortir de ces guerres ridicules et sans fin, dont beaucoup sont tribales, et de ramener nos soldats à la maison », avait ensuite tweeté, tôt lundi matin, le milliardaire républicain, accréditant l’idée d’un retrait plus vaste, sinon total, de Syrie.
Les protagonistes impliqués dans le conflit syrien, y compris la Turquie et les Kurdes, «devront maintenant résoudre la situation», avait-il ajouté, alors que les États-Unis s’étaient jusque-là toujours opposés à un affrontement militaire entre leurs deux alliés.

Dès lundi matin, les forces américaines se sont d’ailleurs retirées de positions clés à Ras al-Aïn et Tal Abyad vers une base militaire située entre ces deux secteurs, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Une base militaire à Tel Arqam était déserte lundi après le retrait américain, a constaté un photographe de l’Agence France-Presse.
Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dont les YPG sont la principale composante, ont creusé des tranchées et des tunnels dans ces zones ainsi que près de Kobané en prévision d’un assaut, d’après l’OSDH qui dispose d’un vaste réseau de sources dans le pays.
Et, renforçant le sentiment qu’Ankara avait reçu une forme de feu vert américain, le président Erdogan a averti lundi que son offensive pourrait désormais être lancée « sans prévenir ».

La Turquie a déjà mené deux offensives dans le nord de la Syrie, la première en 2016 contre l’EI et la deuxième en 2018, à Afrine, contre les YPG.
La semaine dernière, Recep Tayyip Erdogan avait prévenu que la Turquie arrivait à bout de patience vis-à-vis des États-Unis au sujet de la création d’une « zone de sécurité » dans le nord de la Syrie, convenue entre les deux pays en août.

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