Présidentielle guinéenne: Imposante marche de contestation à Conakry
Présidentielle guinéenne: Imposante marche de contestation à Conakry

À l’appel du Front national de défense de la Constitution (FNDC), des milliers de manifestants ont déferlé dans la capitale guinéenne, jeudi, pour protester contre un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé.

La foule qui s’est parée de rouge a parcouru la dizaine de kilomètres séparant le rond-point de la Tannerie de l’esplanade du Stade du 28-Septembre, jeudi. Les bras se lèvent à perte de vue lorsque retentit l’hymne national.
L’esplanade, le point d’arrivée de la marche, n’est visiblement pas assez grande pour contenir cette foule venue manifester une nouvelle fois contre un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé.

Les principaux leaders de la société civile et de l’opposition, ovationnés, prennent malgré tout la parole.
Sidya Touré fait observer une minute de silence en la mémoire des victimes des dernières manifestations, avant d’exiger la « libération immédiate » des leaders du Front national de défense de la Constitution (FNDC) condamnés fin octobre à purger des peines d’emprisonnement.
« Alpha Condé a perdu la raison, lance Cellou Dalein Diallo, mais nous lui ferons tout de même comprendre que la Guinée ne veut pas de troisième mandat ».
« Il doit renoncer à ce projet machiavélique », conclut Foniké Menguè, coordinateur du FNDC. « Nous allons continuer ce combat jusqu’à la victoire finale ».

D’importantes manifestations ont également eu lieu dans les villes de Mamou et Boké, dans l’intérieur du pays.

Devant cette atmosphère assez crispée, les chefs d’État de la Cédéao sont à Niamey, capitale du Niger, ce vendredi pour un sommet extraordinaire, à huis clos, pour examiner la situation politique en Guinée-Bissau.

José Mario Vazn président bissau-guinéen, n’a pas été convié à ce sommet lui qui avait dénoncé « une ingérence étrangère ».
Exit donc le compromis mis en place par la Cédéao.
En effet, en juin dernier, c’est elle qui a permis au président de rester à la tête de l’État malgré l’expiration de son mandat, mais avec des pouvoirs limités, jusqu’aux élections.

Et désormais, c’est l’impasse depuis le limogeage du gouvernement d’Aristide Gomes par le président, la semaine dernière.
Depuis, chacun campe sur sa position: le président a demandé aux forces de défense et de sécurité d’installer son nouveau cabinet par la force. Un appel non suivi d’effet pour l’heure.
De son côté, la Cédéao a lancé un ultimatum aux membres du nouveau gouvernement pour qu’ils démissionnent, ce qu’a fait le ministre des Ressources naturelles et de l’énergie, jeudi. La Cédéao pourrait aussi aller plus loin, retirer à José Mario Vaz son statut de président, puisque son mandat a expiré.

L’option forte serait de faire intervenir sa force armée. C’est ce qu’avait fait l’organisation lors du précédent gambien en 2017 pour déloger Yaya Jammeh.
La décision dépendra aussi de la cohésion des chefs d’États ouest-africains sur ce dossier…

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